‹ B. Sarrette et les origines du Conservatoire national de musique et de déclamationChapitre 37 sur 149 · Journal des Débats , loc, cit,, p · texte numérisé non relu

Journal des Débats , loc, cit,, p

Cet avis prévalut, et Y on s’en tint à la rédaction de Chénier :

La Convention nationale décrète :

Aivr. I er . — Il sera formé dans la commune de Paris un Institut national de musique.

Art. a. — Le Comité d’instruction publique présentera à la Convention un projet de décret sur l’organisation de cet établissement L

Cette décision de principe marquait un nouveau pas dans la voie que Sarrette s’était tracée, et il put s’en réjouir à bon droit; mais sa joie eut été tempérée s’il avait pu prévoir à combien de luttes et d'efforts il devait encore se livrer, et quels déboires lui étaient réservés pendant les vingt mois qui le séparaient du jour où la réalisation définitive du précédent décret devait être un fait accompli. Il était loin d’en avoir fini avec les sollicitations : elles changèrent simplement de direction, et c’est auprès du Comité d'instruction publique qu’il dut fréquemment intervenir, soit pour l’éclairer sur les détails d’organisation de l’Institut projeté, soit pour en hâter la mise à l’étude, sans cesse ajournée par les nombreux travaux dudit Comité, par les embarras résultant des événements politiques ou par les entraves que les ennemis et rivaux ne se faisaient pas faute de susciter. Rien ne fut donc modifié dans la situation. Sous le nom d 9 Institut national de Musique , ce fut toujours la musique de la garde nationale; cette dernière dénomination subsista dans le peuple; souvent même on la trouve dans les documents officiels; en fait, elle fut quelque temps encore à la solde de la Municipalité (v. ]). 52 et 58). La différence consistait seulement en ce que les musiciens se trouvaient à la fois sous l’autorité de la Ville de Paris et sous celle du Gouvernement. Le bénéfice immédiat de ce changement se traduisait pour eux par la certitude de voir consolider leur position et par l’espoir d’une amélioration.

La journée du 18 brumaire an II ne fut pas précisément inactive pour les musiciens. Nous les avons vus paraître à la Convention; ils furent le même jour à la séance du Conseil de la Commune de Paris :

Les citoyens artistes musiciens de la force armée de Paris viennent demander que le Conseil leur donne à chacun un bonnet rouge. Un membre

1. Procès-verbaux de la Convetition , l. XXV, p. 87. (Arch. nat., J 1 , 108. — Bibl. nat., Le 37 , 1.) — Collection des lois (impr. du Louvre), t. XVI, p. 422. — Ibid . (impr. Baudoin), t. XXXVI, p. 161. — Une feuille in-4° (Arch. nat., AD, VIII, 31).

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