CONCERT AU THEATRE FEYDEAU
musiciens de la garde nationale lui ont faite, la Convention a décrété, qu'une députation prise en son sein assisteroit demain décadi 3o brumaire à l'exercice concertant que cette réunion d’artistes doit exécuter devant les autorités publiques.
Le but de ce concert étant de développer les talents qui doivent être appelés par la conüance nationale à remplir les places de l’Institut, les artistes musiciens espèrent que le Comité d’instruction publique, en niasse, y assistera.
Au nom des musiciens de la garde nationale,
Veny.
Nota. Les cartes de député à la Convention nationale serviront de billet d’entrée aux galleries des premières du théâtre de la rue Feideau L
Ce concert fut une véritable solennité. La Convention y avait été conviée avec toutes les autorités constituées de la ville de Paris, et « un concours prodigieux de spectateurs » y fut attiré par « la réputation des artistes » dont les noms avaient été annoncés. Jamais, écrivait dès le lendemain le Journal de Paris , « dans aucun tems, « Paris n’a présenté une réunion aussi complette de talens du pre- « mier ordre, dans le genre des instrumens à vent, et jamais aussi « Ion n’a rien entendu ni de plus beau, ni d’un aussi grand effet* ».
Le programme complet ne nous est pas parvenu; il peut toutefois être reconstitué en grande partie avec le compte rendu du Journal de Paris et celui d’un journal de théâtre, moins connu, mais non moins bien renseigné. Voici les œuvres signalées, avec les réflexions qui les accompagnent :
Ouverture pour instruments à vent, par Galet, élève de Gossec, d'un « caractère absolument neuf; les effets en sont terribles ».
Symphonie concertante pour flûte, hautbois, cor et basson, de Devienne , exécutée par l’auteur, Sallanlin, Frédéric Duvernoy et Ozi « avec une perfection telle qu'il ne serait guère possible de la supposer dans des artistes, si l’on ne savait pas que l’homme est fait pour parvenir à tout, lorsqu’il ne dédaigne pas de polir les dons de la nature par un travail obstiné ».
Symphonie concertante pour onze instruments à vent (petite flûte, grande flûte, clarinette, hautbois, cors, bassons, serpent et contre-clairon) « dans laquelle le célèbre Gossec a réuni au mérite de la difficulté vaincue celui d'avoir présenté une composition aussi mélodieuse que remplie de verve, de grâce et d’harmonie ».
Hymne patriotique , par Catel. « On a remarqué combien est favorable à l’oreille l'accompagnement de tous instrumens à vent, dont le son plus