Ex-fermier général, époux de la Pompadour
Il paraît avoir la force armée de sa section à sa disposition, lisonsnous encore, « il emprisonne même chez lui; dernièrement il a tenu une femme pendant trois jours, dans ce qu’il appelle la prison de discipline de son École de musique... »
Pour compléter ses récriminations, Chevalier ajoute que Sarrette se montrait particulièrement le panégyriste de Chardin 1 :
Il est de toutes les grandes orgies où il parait que les conspirateurs se communiquent, il se trouve à la Commune pour parler en faveur de Chardin à l’occasion d'une dénonciation faite par Leymerie du complot Chabot 2 ...
Puis, il conclut ainsi :
Si les mesures de la Commune touchent à la conspiration, et si Chardin y est impliqué, Sarrette, homme très adroit, qui réunit quelque talent pour séduire et se masquer, doit paroitre complice 3 .
Sarrette a-t-il réellement joué le rôle que lui prête son collègue ? Nul 11e peut le dire aujourd'hui. Rappelons seulement que ce sont les excès engendrés par les tyrannies locales qui firent supprimer les Comités révolutionnaires et de surveillance, établis dans les sections, et, remarquons que, quand bien même auraient été fondées les allégations dudit Chevalier, elles n’étaient pas de nature à motiver l’arrestation de Sarrette au moment où elle se produisit, bien au contraire.
1. Les Notes précitées l’accusent de dominer le Comité (v. p. 63, note 1) et d’être un agent anglais dont les intrigues étaient favorisées par Sarrette, qui lit arrêter ceux qui l’avaient dénoncé. Chardin avait commandé en chef la force armée de la section de Brutus (28 février 1794, Bibl. nat., Lb K>, 1757). Arrêté sur la dénonciation de Leymerie, qui se flattait, le 25 mars, d’avoir surpris la conspiration dont il était l’agent et l’accusait, sans fournir de preuves, d’avoir volé 100 000 écus à la nation et de s’être approprié la bibliothèque du marquis de Bckfort, qui lui avait été laissée en dépôt (Bibl. nat., Lb 40 , 418); on le relaxa (v. ci-après procès-verbal du 19 avril 1794), et, dans le discours qu’il prononça à la section après son acquittement, il déclara avoir été dénoncé pour participation « à la grande conspiration ourdie contre la Convention, dont le résultat devait être le massacre des patriotes » (25 germinal- 14 avril. Bibl. nat., Lb 4 * * o, 1757); mais il fut appréhendé de nouveau, le 31 juillet suivant, et conduit à la Conciergerie, en exécution du mandat décerné la veille, dans lequel il est qualifié de « banqueroutier et agent de milord Betbfort » ; Chardin était alors « employé dans l’administration des postes et messageries ». (Arch. nat., AF*, II*, 298, p. 23.)
2. Ex-capucin, un des plus exaltés jacobins, accusé de malversation par Robespierre.
3. Arch. nat., F 7 , 4774 81 . Pour éviter de trop fréquentes répétitions, disons, une
fois pour toutes, que les citations qui suivront, pour lesquelles nous n’indique¬
rons pas une cote spéciale, sont faites d’après le dossier portant l’indication qui
précède.