ORDRE D’ARRESTATION
O Richard! ô mon roi! ait été pour quelque chose dans les poursuites dont Sarrette fut l’objet, et c’est ce que nous avons à démontrer. Par contre, il devient évident — et la suite de ce récit le confirmera — qu’elles furent causées par de misérables intrigues locales et de basses vengeances.
L’ordre d’arrestation, signé par les membres du Comité de Sûreté générale, le 5 germinal an II (25 mars 1794), ne fait pas mention des faits imputés, étant à fin d’instruction :
Vu les pièces remises au Comité, arrête que Sarrete, chef de la musique de la garde nationale, rue Joseph, n° n, sera traduit à l’instant à Sainte- Pélagie pour y être détenu jusqu'à ce qu’autrement soit ordonné. Les scellés seront apposés sur ses effets, perquisition sera faite de ses papiers, et seront apportés au Comité ceux qui seroicnt suspects. Charge Gourlade attaché au Comité de mettre à exécution le présent. Il requiert à cet effet les autorités civiles, si besoin est, et la force armée.
ÀM.vn, Dubarrau, Jagot, Louis (du Bas-Rhin), Voulland*.
L’exécution de ce mandat se fit dans les formes et sans incident. « Je me suis transporté, — dit Gourlade en son rapport, — avec deux « membres du Comité civil de la susdite section (de Brutus), le juge « de paix accompagné de son greffier, en la maison et domicile du « nommé Sarrete, chef de la musique nationale, sise rue Joseph, « n° 11, section de Brutus, et conjointement avec les autorités sus- « énoncées au dit ordre, fait exacte recherche dans tous ses papiers « et en avons extrait cinq pièces paraphées et cottées dudit Sarrete, « ne trouvant rien autre de suspect et contraire aux intérêts de la « République, avons apposé les scellés sur les effets.... »
Procès-verbal de la notification de l’arrêté d’arrestation et de la perquisition fut dressé le même jour; il serait oiseux de le reproduire, en raison de sa longueur et du peu d’intérêt de son contenu; retenons simplement ce détail, que Sarrette vivait avec son épouse et sa mère.
On pense bien que, le premier moment de stupeur passé, les amis et subordonnés de Sarrette ne restèrent pas inactifs, et qu’ils s’employèrent à le justifier ou à le faire relaxer.
Veny, secrétaire de l’École et sergent-major de la musique, écrivait dès le surlendemain — septidi 7 germinal (27 mars) — au citoyen Vadier, président du Comité de Sûreté générale, et à Voul-