‹ B. Sarrette et les origines du Conservatoire national de musique et de déclamationChapitre 50 sur 149 · C. P. Le Conservât, de musique · texte numérisé non relu

C. P. Le Conservât, de musique

L’ARRESTATION DE SARRETTE, 179t.

land, l’un des signataires du mandat d’écrou, tous deux représentants du peuple :

Citoyen, des patriotes de la section de Brutus ont été dénoncés au Comité de Sûreté générale, plusieurs d’entre eux sont en état d’arrestation. Sarrette, commandant la musique de la garde nationale et membre du Comité de Surveillance de la section est de ce nombre. Je demande à être admis au Comité de Sûreté générale, j’y dénoncerai les dénonciateurs de Sarrette, je déposerai des pièces qui les démasqueront; je joins ici copie de la principale, prends-en connaissance au nom de l’intérest public.

Cette pièce ne nous est pas parvenue, mais nous en connaissons la nature par la note sommaire transmise aussitôt au Comité de Sûreté, pour le saisir de la protestation de Veny :

Le citoyen Sarrette, chef de la musique de la garde nationale, détenu à Pélagie par ordre du Comité de Sûreté générale, est réclamé par sa section, qui atteste la pureté de ses principes et le dit victime d’une intrigue; est défendu par le citoyen Yeny, qui se propose de confondre les dénonciateurs du susdit et envoyé une pièce qui découvre le fil de l’intrigue ourdie par Roland 1 .

Malgré les vives instances des membres de la section, un mois s’était déjà écoulé sans qu’aucun changement se fût produit dans la situation de Sarrette. Ils ne cessaient pourtant pas de se préoccuper, dans leurs séances semi-décadaires, des événements qui avaient causé son arrestation. A celle du 30 germinal (19 avril), des résolutions importantes furent prises, et l’on décida d’envoyer aux Comités de Salut public et de Sûreté générale une députation chargée d’exposer la question, et de réclamer, ou la mise en liberté, ou l’accélération du jugement. Voici d’ailleurs extrait du procès-verbal :

L'assemblée générale, considérant qu’il est du devoir des bons citoyens d’éclairer les représentants du peuple sur les intrigues et menées sourdes tramées contre les patriotes, que c’est obéir au vœu de la loi et des législateurs de mettre à meme les autorités supérieures de prononcer avec connoissance de cause sur les individus qui ont emploié le mensonge et la calomnie pour surprendre leur religion, considérant que depuis le i er germinal (21 mars) une intrigue tramée depuis longtems a éclaté avec audace dans ses

1. Roland était en fuite depuis la proscription des Girondins (31 mai 1793). A la séance de l’assemblée de la section de Brutus, du 20 germinal (9 avril), Veny demanda l’envoi au Comité de Sûreté générale « d’une pièce contre-révolutionnaire trouvée dans les papiers du traître Roland et signée F. Chevalier Saint-Dizier, à la date du 10 septembre 1792 ». (Bibl. nat., Lb^o, 418.)

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