‹ B. Sarrette et les origines du Conservatoire national de musique et de déclamationChapitre 62 sur 149 · Ibid., t. V, p · texte numérisé non relu

Ibid., t. V, p

L'Institut national de musique au Comité de Salut public. Représentants du peuple,

La Convention nationale, en décrétant des fêles dignes de la majesté du peuple, a appelé tous les arts à contribuer à leur magnificence.

La musique a une part trop active à la célébration de ces fêtes par le caractère qu'elle y imprime, pour que l'Institut national ne se pénètre pas des fonctions sublimes qu’il a à remplir.

Il ne considère pas seulement les richesses que l’art de la musique doit apporter dans ces fêtes; et les élèves musiciens qu’il doit former, pour tous les points de la République; il est une fonction plus honorable encor à laquelle il se voue : c’est de transmettre au peuple les chants des hymnes qui auront été choisis, pour être consacrés dans les fêtes publiques.

Le vuide que laisse la suppression du rituel du fanatisme, doit être rempli par les chants de la liberté, et le peuple doit augmenter, par ses accents, la solemnité des fêtes consacrées aux vertus que la République honore.

Des chants simples seront composés, les membres de l’Institut se rendront dans chaque section, dans les écoles primaires: le peuple et sa portion la plus intéressante, l’espoir de la Patrie, y apprendront les hymnes qui devront être exécutés dans les fêtes.

Alors, le peuple français libre prouvera à l’Allemagne et à l’Italie asservies, * qu’il possède aussi le génie de cet art, mais qu’il 11e le consacre qu’à chanter la liberté.

Dans l’École de Mars, les jeunes patriotes seront exercés par l’Institut aux chants belliqueux : l’enthousiasme de la liberté, l’amour de l’égalité, et le sévère caractère de pur républicanisme en recevront une nouvelle force.

Que les despotes tremblent, c’est par un chant national que plus d'une fois dans les combats, le Français redoubla sa valeur; et c’est par des chants populaires, que fut animé le courage qui brisa le tronc du tyran.

Les accents de la liberté précèdent toujours ses étendarts.

Au nom de l’Institut national de musique,

Lesueur, compositeur; Méhul, compositeur; Gossec, compositeur; Dalayrac, compositeur; Sarrette; Catel, compositeur; P. Rode, violon; Devienne, compositeur; Hermann, claveciniste; Lefèvre, clarinette; Ozi, basson; Vent, secrétaire; Buch, cor; Sallantin, hautbois; L. Jadin, compositeur; Mathieu, serpent : Hugot, flûte; Levasseur, violoncelle; F. Duvernoy, cor; Blasius, violon 1 .

Nos musiciens sacrifiaient consciencieusement, 011 le voit, au style pompeux de l’époque. Leur proposition fut agréée, nous en trouvons l'assurance dans un mémoire fourni, le 6 thermidor an II (24 juillet 1794), par un nommé Beresford, imprimeur-libraire, pour livraison de : « 50 exemplaires des pouvoirs donnés aux membres de

1. Arch. nat., D, XXXVIII, 5. — Ce document a déjà été reproduit par nous, dans la Revue dramatique et musicale , 1893, p. 270.

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