Arch. nat., AF, II, 67, 236, p
et-Meuse, le président prononça ces paroles qui furent accueillies avec transport : « L Institut national de musique célébrera ce soir, « a 8 heures, dans le Jardin national, les victoires que vous venez « d’apprendre. » (Séance du 16 messidor-4 juillet.) Pour ce concert, qui fut très important au point de vue musical, 78 chanteurs, recrutés parmi les choristes de l’Opéra, de l’Opéra-Comique, des théâtres Feydeau et de l’Égalité, et 30 instrumentistes, parmi lesquels Dalayrac, J.-P. Rode, Guérillot, Chol - dont il a été parlé p. 70 — Pradère, Louis et Hyacinthe Jadin, furent adjoints à l’Institut. Quelque diligence que l’on ait pu faire, il n’est guère possible qu’un personnel supplémentaire aussi nombreux ait été réuni ainsi à 1 improviste et qu il se soit trouvé prêt à exécuter presque instantanément des oeuvres chorales assez développées. Il est bien probable qu’à ce moment l’Institut préparait le programme de la fête du 14 juillet, avec les artistes appelés en vertu de l’arrêté précité du 3 juillet, et que la célébration de la prise d’Ostende, arrivant inopinément, les morceaux à 1 étude en firent les frais, ce qui explique pourquoi le 6 liant du Départ a été exécuté ledit jour, contrairement à l’opinion générale. Grâce à divers documents manuscrits que nous avons découverts, il nous a été possible de donner de curieux détails inédits sur cette solennité, dont les journaux du temps n ont rien oit*. C est, après létat du personnel dans lequel nous avons puisé les renseignements qui précèdent, le mémoire de copie de musique et celui de fourniture des morceaux gravés qui nous font connaître une partie du programme : Y Hymne à VÊtre su prême , YHymne à la Victoire , YHymne à la Liberté , de Gossec (« Vive à jamais »), la Bataille de Fleurus et le Chant du Départ. En dehors des notes qu’ils fournissent sur l’ensemble du concert, ces mémoires ont une certaine valeur historique, puisque l’un d’eux nous a permis de déterminer d’une façon précise, et pour la première fois, la date de la première audition du magnifique chant de Chénier et Méhul, que tous les historiens ont placée seulement au 14 juillet.
1. Les notices publiées par A. Challamel ( La Musique officielle depuis 1789, dans la France musicale de 1841) et G. Chouquet ( Les Chansons de la Révolution, dans 1 Art musical , 1864-65) ne contiennent rien de particulier. L’étude la plus récente sur les Fêles de la Révolution, celle de M. J. Tiersot, parue dans le Ménestrel , ne donne pas non plus de grands détails sur cette fête, et beaucoup de documents relatifs aux solennités de cette époque — qu’il est inutile d’énumérer — sont restés ignorés de notre confrère, qui, d’ailleurs, a traité la question à un point de vue plus général.