C. P. Le Conservât, de musique
Solfège, 22 Flûte,
Violon, 3 Hautbois,
Basse, 2 Clarinette,
Contrebasse, 1 Basson,
Le 12 fructidor an II (29 août 1794), rassemblée générale des artistes composant l’Institut national de musique prit l’importante décision par laquelle fut posé le principe des méthodes qui ont fait la gloire du Conservatoire :
L’Institut, considérant que la précision et la simplicité des principes élémentaires sont la base constitutive d’une bonne école; que ces principes, en même tems qu’ils doivent tendre à agrandir le cercle des connaissances, doivent être dégagés des sophismes systématiques consacrés par Tusage, arrête :
i° Les artistes de l’Institut s’occuperont de la formation des ouvrages élémentaires pour l’étude de la musique, du chant, de l’harmonie, de la composition et de toutes les parties instrumentales;
2° 11 est établi une commission spécialement chargée de la rédaction des principes élémentaires de musique. Cette commission est formée de compositeurs.
Gossec, président.
On trouvera la composition de cette commission, avec l'analyse de ses délibérations, dans le Magasin de musique , etc. (page 157), où sont également consignés tous les renseignements relatifs aux diverses méthodes, dont la publication ne commença qu’en 1799.
Le nombre des élèves (maximum : 144; effectif en 1794 : 80) ne dépassant pas sensiblement celui des professeurs (60), renseignement ne prenait pas la plus grande partie du temps de ces derniers; mais, outre qu’ils étaient absorbés par les fêtes, le service de la garde nationale et celui des théâtres auxquels ils étaient attachés, ils trouvaient un surcroît d’occupations dans leur Magasin de musique, pour l’impression et la fourniture des livraisons mensuelles, dont ils avaient encore à accroître le développement.
1 Institut, ù la veille de quitter les locaux de la rue Saint-Joseph, allait se trouver sans asile. Dans cette situation, le Comité se préoccupa de la question à la demande des intéressés : a Du b messidor an 111 (26 juin 1795), ouï le rapport de la Commission d’instruction publique sur 1 institut national de musique, qui, forcé de quitter dès le 15 de ce mois le local qu il occupe en ce moment rue Joseph, se trouvera dans la nécessité de cesser ses leçons si le Comité ne vient promptement à son secours, le Comité charge le commissaire Laporte de se transporter au Comité des Finances, section des domaines, à l'effet d’obtenir de ce Comité, pour l’Institut national, le local qu’il demande au bâtiment des Menus, et pour le citoyen Gossec, qui dirige l’école de chant, un logement dans le même édifice. » (Arch. nat., AF*, II, 30.)
Par l’article 7 du décret exécutoire du 16 thermidor an 111 (3 août 1795), il lut enjoint à la Commission de l’instruction publique d’ordonner sans délai rétablissement du Conservatoire dans le local désigné par l’arrêté du Comité de Salut public (v. p. 182); mais l’évacuation et l’aménagement se iirent attendre longtemps encore (v. p. 136).
Après avoir fait paraître les premières livraisons destinées aux fêtes nationales, les artistes associés résolurent de publier, en forme de journal, un recueil composé de chants simples, de romances civiques et d hymnes patriotiques, à l’usage des habitants des campagnes et des armées, et, par la plume de leur fondé de pouvoir, Sarrette, ils adressèrent au Comité de Salut public une pétition dans ce sens (mai). La décision se fît un peu attendre, néanmoins elle fut favorable; le Comité souscrivit à 12 250 exemplaires (arrêté du 9 juillet) : c‘était, pour Tannée, une nouvelle subvention de plus de 62 000 livres. Quelques jours après, un autre arrêté accordait, à loyer, aux artistes-éditeurs, la maison de l’émigré Bouthilier, rue des Fossés-Montmartre, pour y transporter le siège du Magasin, trop à l’étroit dans les locaux de la rue Saint-Joseph (24 juillet). Divers journaux : la Décade philosophique , le Mercure français , les Affiches , le Journal des Théâtres et des Fêtes nationales , etc., consacraient des articles élogieux à leurs productions (mai-septembre). Les tirages s’élevaient souvent à 10 000 et même à 18 000 exemplaires pour certaines fêtes, ce qui ne laissait pas que d’être avantageux pour Tassociation; par contre, elle dut subir les déprédations des contrefacteurs, les protestations des éditeurs qui se prétendaient lésés, et les complications résultant des embarras du Trésor public; toutes choses rapportées au long dans notre volume Le Magasin de musique à Vusage des fêtes nationales et du Conservatoire (p. 37 à 51).
§ IV. Instances et Puojets.
(Septembre 1794-Août 1795.)
Retards dans l exécution du décret du 18 brumaire an II; Chénier en divulgue les causes (28 septembre). Le concert du 11 brumaire an III (1 novembre ), programme, détails , comptes rendus , opinion favorable à iInstitut. Réponse aux insinuations cO* Journal des Théâtres (18 novembre) ; réponse des administrateurs de V Institut à l'article des Pelites-Affiches; historique de l'organisation (3 décembre ).
Le Comité d'instruction publique se fait rendre compte du fonctionnement de l’Institut en vue de l'organisation définitive (6* novembre)', il demande un rapport (8 novembre) ; renvoi de la pétition des artistes à la 3° section (12 novembre ); demande de renseignements complémentaires (26 novembre) ] l'Institut les fournit (30 novembre) et dépose des documents justificatifs (30 décembre). Rapport sur ces documents ; résumé des attributions et de la situation ; accusations portées par les adversaires et envieux ;
leurs griefs; réfutation. Le Comité réclame de nouvelles explications (23 février 1795). Réponse de l'Institut relative au mode d'admission, à la désignation des hymnes destinés aux fêtes. A es administrateurs renouvellent leurs sollicitations.
1795 : Sarrette saisit de nouveau la Convention de la (Question de l’Institut; sa pétition (20 février); le plan d'organisation présenté par lui et Gos$ec; parallèle avec le décret organique adopté par la suite.
Quelques mots sur les fêtes publiques : la pénurie du Trésor, l'urgence et les travaux de la Convention en modifient la célébration ; anniversaire du 21 janvier; fête funèbre en l'honneur de Féraud (2 juin); lit juillet; 9 thermidor (27 juillet).
Rapport de Chénier sur T Institut (28 juillet), extraits; adoption de la loi organique et du décret exécutoire (3 août) ; le Conservatoire est fondé ; coup d'œil sur les modifications au plan primitif de Sarrette et Gossec.
Avec l’automne revint le calme, et, après s’être longtemps dévoués au service public, les artistes allaient pouvoir s’occuper de leurs intérêts. Une année s’était écoulée depuis le décret de brumaire, pendant laquelle ils avaient recueilli beaucoup de gloire, sans que leur sort eût été amélioré en aucune façon. Quelles raisons avaient empêché le Comité d’instruction publique de s’acquitter de la mission dont il avait été chargé par l’article 2 du décret précité? Les événements et leurs conséquences entrent certainement en ligne de compte; mais de vils sentiments n’auraient pas été étrangers aux retards éprouvés, si l’on en juge par certaines allusions du discours que Chénier prononça le 7 vendémiaire an III (28 septembre) à la Convention, au nom du Comité d’instruction publique, à propos de la célébration de l’évacuation du territoire. Dans son exorde, il parle d’abord « des arts froissés longtemps par des amours-propres tyranniques », plus loin, il dit : « Les sectateurs du nouvel Omar ont tout combiné pour anéantir l’instruction publique en France... ». S’il entre un peu de fiel dans ces paroles de l’auteur de Charles IX, dont le cœur était encore ulcéré de la fin tragique de son frère, il faut reconnaître qu’il parle fort justement quand il dépeint la situation de l’Institut national de musique et rappelle les engagements contractés à son égard :
Un seul établissement, fruit de la Révolution, a surnagé sur les débris des arts : soutenu par les soins de quelques hommes laborieux et par l’instinct patriotique d’une foule d’artistes célèbres, l’Institut national de musique semble avoir offert au génie une dernière planche dans le naufrage. Il a rendu, il rend chaque jour de grands services à la Révolution. En vain quelques hommes, jaloux de toute renommée, ont voulu entraver son organisation el le détruire entièrement ; la Convention ne laissera pas tomber cet