CONCERT DU 17 BRUMAIRE AN III
fusion dans la manière de placer le public, par une distinction non prévue de billets timbrés et d’autres non timbrés. Nous pensons que l’Institut réformera dorénavant cette distinction, qui a déplu généralement 1 .
Six jours après (n°du 23 brumaire-13 novembre), le même rédacteur traduisait ses sentiments de façon à prouver que Sarrette n’avait pas trop présumé en comptant sur un courant d’opinion favorable à l’Institut :
Voyons maintenant les avantages de l’Institut : ils sont innombrables. II est impossible-d’offrir une plus belle réunion de talens précieux : l’Institut bien organisé peut exciter l’émulation, former des maîtres, des artistes célèbres, devenir en un mot la première école de goût de l’Europe; cette école étoit nécessaire, indispensable même. Bien dirigée, nous le répétons, elle mérite toute l’attention, tous les soins du Gouvernement, et nous ne doutons pas que son exercice du 17 ne lui ait mérité toute sa sollicitude paternelle. VOuverture du citoyen Méhul, la Symphonie concertante du citoyen Devienne, YOuverlure et le Chœur du citoyen Catel, tout en un mot a excité le juste enthousiasme des auditeurs. La Symphonie concertante du citoyen Kreutzer a été exécutée avec la plus grande perfection, par cet artiste et par les citoyens Rode et Levasseur. L’élégance du style et le charme de la mélodie distinguent le Duo du citoyen Cherubini, et le Chœur du citoyen Lesueur est d’un effet piquant par l’arrangement des parties et la coupe des effets, qui permettent d’entendre toutes les paroles et les moindres détails de l’harmonie. En un mot, ce superbe concert a fait désirer que l'Institut devienne enfin un des premiers gymnases de l’instruction publique et fixe l’attention du Comité d’instruction, qui ne néglige rien de tout ce qui peut être utile aux arts, aux talens et aux mœurs.
Mais ces appréciations flatteuses sont précédées d’un long exorde sur les effets de la musique, son utilité et le rôle de l’Institut, où se font jour quelques critiques, qui, pour être légères et sans fondement, n’en dénotent pas moins un symptôme sur lequel nous aurons à revenir :
Nous avons promis de revenir sur le concert de septidi dernier, ou plutôt sur l’organisation de l’Institut national de musique, et nous tenons notre parole. Personne ne doute que la musique 11e soit un des arts les plus ingénieux.; mais, pour cultiver cet art difficile, les Français n’ont ja¬
mais pris autant de soins que les Italiens et les Allemands; les conservatoires de l’Italie n’ont jamais donné à la France l’idée de plusieurs écoles de musique : nous avions autrefois environ 600 gymnases ouverts; mais qu’étoicnt-ils? Des cathédrales, où la routine d’un goût gothique, un chant