ENQUÊTE DU COMITÉ D’INSTRUCTION PUBLIQUE
Voila la question que les amis des arts ont à lui faire.
Méhul, Devienne, Gossec, Cherubini, Frédéric Duvernoi.
Delcambre, Pagniez, Ernest (Assmann), Sarrette L
Le rédacteur des Petites-Affiches fît suivre cette réponse si pleine de modération, d’une note dans laquelle il protestait de la pureté de ses intentions et se défendait de toute pensée malveillante à l’égard des membres de l’Institut 1 2 . L’incident ne fut cependant pas clos, du moins pour ces derniers; ils eurent à se justifier auprès du Comité d’instruction publique, qui procédait alors à une enquête sur le fonctionnement de rétablissement, en vue de l’organisation définitive, et qui avait été saisi des réclamations, malgré leur fragilité. Ils n’eurent pas de peine à confondre les calomniateurs et à mettre à jour les intrigues des mécontents, en fournissant des explications très nettes, que nous ferons connaître en examinant les différentes pièces produites au Comité pour l’éclairer sur l’organisation provisoire de l’Institut et rendre compte de sa gestion, conformément à l’arrêté du 6 frimaire-26 novembre (v. p. 110).
Le concert du 17 brumaire avait été pour Sarrette le point de départ d’une nouvelle série de démarches plus actives, plus efficaces, qui durèrent cependant encore près de six mois. En invitant le Comité d’instruction publique audit concert, les commissaires de l’Institut avaient fait observer qu alors que le Comité de Salut public « exerçait tous les pouvoirs du Gouvernement », un subside de 1200 livres par mois avait été alloué à l’établissement, et qu’après le 9 thermidor le crédit de 50000 000, sur lequel étaient délivrées les ordonnances de ce Comité ayant pris fin, un arriéré en était résulté dont ils demandaient le payement. Avant de statuer, le Comité d’instruction arrêta que sa 3 e section (théâtres, fêtes na-
1. Affiches, etc. j du 11 frimaire (1 er décembre 1794), p. 1074. — Journal des Théâtres , etc., 13 frimaire, p. 60.
2. « On n’a point proposé d'alternative profitable ou nuisible aux plaisirs du « peuple, dit-il, ou à l’instruction publique, dans la feuille du 23 brumaire : il n’y < a été question que du dérangement que les fonctions de membre de l’Institut « pouvoient occasionner aux artistes engagés dans les diftérens orchestres de Paris. « Telle est la seule réponse que le citoyen rédacteur de cette feuille se permet de « faire aux artistes de l’Institut, en les engageant à relire attentivement son article « du 23; ils y verront qu’il n’y proposoit que des doutes excités par son amour « pour les arts, et qu'il y rendoit, d’ailleurs, justice à un établissement auquel il « désire, le premier, des succès constans, et qu’il regarde comme extrêmement avan- « tageux au progrès d’un art enchanteur, dont l’Institut renferme une foule de « maîtres célèbres. »
tionales, etc.), lui ferait « incessamment un rapport général sur l'organisation de l’Institut 1 2 ». Deux jours après (18 brumaire- 8 novembre), il décidait que l’Institut national de musique lui rendrait compte, « dans trois jours, de son organisation et des arrêtés du Comité de Salut public relatifs à cette organisation* ». Puis, le 22 brumaire (12 novembre), les artistes de l’Institut ayant « demandé une organisation et des moyens de consolider et utiliser leur établissement », le Comité, « considérant les grands avantages de cette précieuse réunion des talens les plus distingués », arrêta le renvoi de leur pétition à la 3 e section « avec invitation d’en faire le plus prompt rapport 3 4 ». En attendant, sur la proposition d’un membre, le Comité, faisant droit à la demande du 16 brumaire, prit une décision portant que l’Institut toucherait l’arriéré dû et « le courant » sur les fonds mis à la disposition de la Commission d’instruction publique (26 brumaire-16 novembre*), et dix jours plus tard (6 frimaire-26 novembre), il chargeait la même Commission de se faire rendre compte, « par écrit et dans trois jours, de l’organisa- « tion de l’Institut, des pouvoirs et fonctions qui lui ont été attribués, « des sommes qu’il a reçues du Gouvernement et de leur emploi, pour « en être ensuite fait un rapport, dans une décade, au Comité... 5 6 ». Conformément à ces instructions, l’Institut se présenta le 10 frimaire (30 novembre) devant le Comité, qui confirma son précédent arrêté", et le 10 nivôse (30 décembre), il remit à la Commission « une liasse contenant plusieurs pièces » qui servirent à la rédaction du rapport ci-dessus prescrit 7 .
De ce document officiel, dont nul n’a parlé jusqu’ici, nous avons extrait déjà différents renseignements, donnés dans les chapitres précédents. Au premier paragraphe : Origine de l’Institut, il est rappelé que, lorsque en 1789 « les citoyens se réunirent spontané-