RAPPORT SUR L’INSTITUT
ment et se formèrent en garde nationale, les musiciens du dépôt des gardes françaises offrirent leurs services au Comité militaire de la municipalité de Paris, qui les agréa et créa un corps de musique composé de 78 artistes, sous les ordres du citoyen Sarrette », et que, formé sur le pied militaire, ce corps était divisé en trois classes d’appointements (v. p. 21) et destiné d’abord à marcher à la tête de la milice parisienne; en 1792, il fut réduit à 54 membres, plusieurs sujets ayant été affectés à la garde soldée, et qu’ensuite, pour remédier à la suppression des écoles de chapitres, les musiciens proposèrent d’instruire gratuitement un certain nombre d’élèves, ce que la Municipalité accepta par ses arrêtés des 9 juin et 17 novembre. Le deuxième paragraphe, intitulé : Organisation de l f Institut , mentionne la démarche faite à la Convention le 18 brumaire an II, et rappelle l’organisation adoptée provisoirement en messidor, avec le nombre des élèves et le service des classes (v. p. 96). Vient ensuite un troisième paragraphe : Pouvoirs et fonctions attribués a VInstitut , reproduit in extenso dans notre volume Le Magasin de musique , etc. (p. 62); le quatrième est relatif aux Sommes accordées par le Gouvernement et leur emploi , et le rapporteur ne s’y arrête pas, n’ayant à envisager l’Institut que dans ses rapports d’utilité publique; il indique cependant le régime financier et énumère les différents arrêtés accordant des fonds ou autorisant des dépenses. Notons seulement que les huit fêtes ou concerts de 1794 avaient coûté 33 546 livres en frais de copie, de transports d’instruments et d’artistes supplémentaires.
Le résumé fait des différentes pièces composant la liasse fournie par l’Institut, le rapporteur s’exprime ainsi :
Il en résulte que l’Institut est tout à la fois une école et un corps militaire, qu’il n'a point encore d’organisation, qu’il est régi par une administration provisoire, que ses fonctions se bornent à l’instruction de 8o élèves et à la musique des fêtes nationales célébrées à Paris; que son utilité par rapport au reste de la République consiste dans la création des corps de musique des armées, la publication des hymnes et airs patriotiques et l’influence que peut avoir sur les artistes des départements une réunion de professeurs recommandables dont les productions et les talens doivent exciter une émulation favorable aux progrès de l’art, et enfin qu'il est chargé de régler les dépenses relatives aux l'êtes nationales jusqu’à concurrence de 5 oooo francs par an, et que celles qui ont eu lieu jusqu’à ce jour montent à 33 546 francs, mais le compte ne donne pas tous les renseignements qu’on doit dési¬
rer.
Et le rédacteur arrive aux « plaintes parvenues à la Commission contre rétablissement en général et le citoyen Barrette en particulier ». Il constate que celles portant sur rétablissement n’avaient rien que de vague, et ne retient que celles « dirigées contre l’administration ». Passons sur ce qui concerne le Magasin de musique (v. notre volume spécial, p. G3), et notons en quoi consistaient les réclamations qui amenèrent à demander à l’Institut un surcroît d’éclaircissements, sinon une justification. Nous retrouvons, précisés, les griefs déjà formulés dans la presse, auxquels il avait été et il allait être encore répondu cette fois plus énergiquement.
En premier lieu, il s’agissait de savoir si depuis « l’addition des 13 professeurs » il y avait eu des mutations, comment elles s’étaient faites, s’il y avait eu concours, quelle en était la forme, le mode d’admission et le jugement.
En second lieu, la demande portait sur la manière dont se faisait le choix des morceaux à exécuter dans les fêtes.
Ces deux questions résultaient, on le voit, des accusations portées contre l’Institut. On lui reprochait, par la première, d’avoir repoussé des artistes recommandables qui s’étaient présentés pour être admis à l’Institut, entre autres Martini, Punto, Berger, etc.; ce dernier ayant été « très mal accueilli lorsqu'il se présenta pour être admis au concours de violoncelle ».
La seconde était basée sur ce que Martini « ayant composé un hymne et l’ayant offert à sa section, il fut invité par elle à se présenter auprès de Sarrette, pour le faire exécuter », et que celui-ci a s’y refusa, en disant que Gossec était chargé seul, par le Comité de Salut public, de ces sortes de compositions ».
Affaires toutes personnelles, on le voit, pour lesquelles on ne pouvait raisonnablement incriminer ni Sarrette, ni les musiciens de l’Institut, puisqu’ils avaient joui ou profité d’une situation créée par eux et qu’ils étaient couverts par des décisions de l’autorité. Cependant, dans l’intérêt général et afin de se conformer aux principes d’égalité, le Gouvernement avait le devoir de tenir compte de ces réclamations dans l’organisation définitive, pour en éviter le retour 1 .
1. Beaucoup prétendirent faire jouer leurs compositions dans les fêtes nationales, et crièrent à l'abus quand ils n’y purent arriver. En annonçant l’execution d’un hymne « en l’honneur des frères morts à la journée du 10 », chanté au théâtre Montansier le 25 août 1792. l’auteur de la musique, Fréd. Lemière, publia cette note : « M. Gossec, ci-devant maître de musique de la ci-devant Sainte-Chapelle,