‹ B. Sarrette et les origines du Conservatoire national de musique et de déclamationChapitre 87 sur 149 · PÉTITION A LA CONVENTION · texte numérisé non relu

PÉTITION A LA CONVENTION

port dont elle avait chargé le Comité d’instruction publique le 18 brumaire an II, sur l’organisation de l’Institut, lui fût enfin soumis.

La séance ne fut pas si mouvementée qu’en 1793; témoin le procès-verbal :

Une députation de l’Institut national est introduite à la barre. L’orateur se plaint de la suppression des écoles de musique qui les a laissés, depuis cinq ans, sans enseignement public. Ils demandent que la Convention se fasse faire le rapport sur l’organisation de l'Institut national de musique, décrété le 21 brumaire an 2 et qu’elle renvoie à son Comité d’instruction publique l’examen de cette question : « Convient-il de former de pareils établissemens dans les grandes communes delà République? »

Un membre convertit cette demande en motion. Un autre 1 annonce que le Comité est prêt à faire un rapport : la pétition lui est renvoyée pour faire le rapport dans la décade 2 .

Nous pouvons heureusement suppléer à la trop grande concision de ce compte rendu analytique officiel, par le texte même delà requête de Sarrette, que nous transcrivons sur le manuscrit original 3 :

Représentants du peuple,

C’est lorsque la Convention s’occupe de l’organisation des fêtes nationales, l’une des plus grandes institutions publiques, celle qui doit mettre la raison en pratique, en faisant goûter les douceurs des vertus sociales : c’est alors qu’il est du devoir des citoyens, et particulièrement de ceux qui peuvent concourir à leur exécution, d'apporter au peuple souverain l’hommage de leurs méditations et les moyens de les rendre dignes de lui.

Tous les arts doivent embellir les fêtes publiques, mais la musique seule les anime; sa puissance est également attestée, et par l’emploi qu’en firent les législateurs antiques, et par les services qu’elle a rendus pendant la Révolution française.

L’utilité de cet art est démontrée, et ce n’est pas la proclamation d’une vérité que vous avez reconnue que nous venons vous demander, mais sa mise en pratique.

La suppression des écoles de musique attachées aux principales églises a laissé, depuis cinq ans, cet art sans enseignement public; pressés par le

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