LES FÊTES DE
fondements indestructibles », disait Grégoire en son rapport sur le projet de décret de célébration du 14 juillet 1 .
On s'était si peu préoccupé à l’avance de cette fête, que le 24 messidor (12 juillet), à l’ouverture de la séance du Comité d Instruction publique, un membre dut rappeler qu’elle devait avoir lieu deux jours après, et que plusieurs de ses collègues s’étonnaient qu’un projet n’eût pas été proposé à la Convention 2 . A la suite du rapport précité, elle décréta, le 25 messidor, que, « voulant célébrer les époques mémorables de la liberté sans discontinuer ses travaux », le 26, anniversaire du 14 juillet, à 10 heures du matin, les représentants se rendraient en costume dans le lieu ordinaire des séances, où l’Institut national de musique exécuterait une symphonie suivie de chants républicains, et que « de suite la Convention continuera de discuter la Constitution 3 4 ». C’est dire qu’aucune œuvre nouvelle ne fut composée pour la circonstance ; on réentendit 1 y Hymne des Marseillais , dont les sons « inattendus et qu’on avait oubliés depuis quelque temps » excitèrent l’enthousiasme, le Ça ira , le Chant du Départ , le chœur de Voltaire et Gossec 4 et une Ouverture de Blasius. Quarante-trois chanteurs seulement furent adjoints à l’Institut, ils reçurent chacun 25 livres. On s’attendait à l’exécution du Réveil du Peuple, « le chant de ralliement des vrais patriotes pour détruire la tyrannie jacobite », dit le Moniteur ; mais ce fut en vain.
Le 2 pluviôse précédent (21 janvier), la Convention avait décrété que la Révolution du 9 thermidor serait « annuellement célébrée de la manière la plus solennelle dans toute l'étendue de la République 5 6 ». Il n’en fut pourtant pas autrement que pour le 14 juillet, et l’organisation se fit tout aussi précipitamment. Par arrêté du 4 thermidor (22 juillet), le Comité d’instruction publique chargea l’Institut de mettre en musique et de faire imprimer trois hymnes nouveaux relatifs à la journée du 9 thermidor 0 , qui, avec une Ouverture d’Heller, l’ Hymne dithyrambique de Rouget de Lisle, le Ça ira , le Chant du Départ et le Réveil du Peuple , constituèrent un programme plus complet que précédemment, n’interrompant