‹ B. Sarrette et les origines du Conservatoire national de musique et de déclamationChapitre 94 sur 149 · Le Magasin de musique, etc,, p · texte numérisé non relu

Le Magasin de musique, etc,, p

que fort peu, comme on le voulait, la discussion des affaires de l’État 1 .

Le lendemain (10 thermidor-28 juillet), alors que les représentants étaient encore sous l’impression de ce concert, et que T Institut avait manifesté une fois de plus son utilité, Chénier vint, au nom des Comités d’instruction publique et des Finances, présenter son rapport sur l'organisation définitive de l’Institut. La musique trouva en ce jour un apologiste inspiré, et les musiciens de Sarrette un admirateur convaincu. Son discours serait à citer tout entier, s'il n’était trop étendu; nous nous bornerons donc à reproduire les passages se rapportant à l'existence passée et future de l’institution.

Tout d’abord, Chénier fait connaître ceux à qui il fallait imputer la responsabilité des retards apportés à l’exécution du décret du 18 brumaire :

Peut-être il était courageux de venir plaider à cette tribune la cause des arts consolateurs de la vie, quand l’ignorance orgueilleuse et cruelle, ne pouvant dominer que par des moyens tyranniques, étouffait les lumières, poursuivait les talens, et traitait d’objet frivole tout ce qui pouvait adoucir les mœurs d’un peuple qu’on voulait rendre esclave soumis, en commençant par le rendre despote féroce.

Mais bientôt il cesse les allusions et précise les faits particuliers à l’Institut :

Déjà, Représentans, un décret rendu par vous, et rendu même dans un tcms moins propice, ordonnait au Comité d’instruction publique de vous présenter, dans un court délai, des vues d’organisation pour l’Institut national de musique dans la commune de Paris; mais ce décret bienfaisant était resté jusqu’à présent illusoire, soit par les longues entraves que les dominateurs d’alors ne cessaient d’opposer à son exécution, soit par les orageuses circonstances qui nous ont pressés de toutes parts depuis l'heureuse époque du 9 thermidor.

Il est tems, sans doute, de venir au-devant d’une foule d’artistes distingués qui sont restés en France pour l’illustrer et pour la servir, préférant la Patrie agitée, mais libre, au calme et à l’opulence des cours qu’ils pouvaient embellir de leurs talens....

Vos Comités, fidèles au vœu formé par vous, viennent donc aujourd’hui vous proposer d’organiser définitivement VInstitut central de musique , car il a

1. 60 chanteurs furent adjoints à l’Institut; la dépense totale s’éleva à 15 249 1. (Arch. nat., F 17 , 1291.)

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