XXI
• Le Comité insurrecteur de Salut Public restera en
> permanence jusqu'à l'accomplissement total de l'insur- » rection.
• Signé à la minute >
Ainsi , on le voit, on touche du doigt les preuves; personne ne les récusera : la haine et la jalousie sont largement exploitées par Babœuf. C'est d'abord l'excitation à rémeute par la promesse de la distribution aux insurgés des biens de leurs ennemis , les riches, qu'on appelle émigrés, conspirateurs ; c'est le mirage décevant du logement dans les maisons des riches constamment transformés en conspirateurs ; c'est la restitution gratuite , un vol à la Nation par conséquent , des effets déposés au Mont-de-Piété ; c'est l'adoption par le peuple des épouses, des enfants, de toute la famille des combattants tués en renversant la tyrannie.
Voilà le début heureux de cet heureux régime sous lequel va vivre toute une grande nation : le Bonheur Commun ! Ce bonheur , cet âge d'or , cette régénération de l'humanité va commencer par le vol à main armée , par le pillage , par la tuerie !...
Voilà bien ceUe ressemblance avec l'anabaptiste Mun-
ti
eer , ressemblance dont nous avons parlé au début de cette étude. Dès le i6« siècle , Muncer avait prévu Babœuf. Comme lui , il appelait le pauvre au partage des dépouilles du riche. Comme lui , pour s'assurer une armée 9 il promet le pillage et regorgement du riche , Téternel ennemi de celui qui n'a rien. Comme lui , il fait appel à la jalousie , à l'envie , ces deux passions toujours sûres d'être bien écoutées. • Nous n'avons qu'un mène » père, c'est Adam ! » crie Muncer à ses hordes féro<*.es , tressaillant à sa voix qui leur soufiQe au cœur le désir du pillage et du meurtre c D'où vient donc la difierence des » rangs et des biens ? Pourquoi gémissons-nous dans la » pauvreté, tandis que d'autres nagent dans les délices? » A* avons nous pas droit aux ôiens qui , par Ifur nature , > sont faits pour être distribués entre fous les hommes 9 t N'est-ce pas là le langage de Babœuf ? N'est-ce pas là ce que tous les jours , dans tous ses articles , sur tous les tons , il répétait dans le Tribun du Peuple , dans l'Ecrit de Bouin .dans ['Adresse aux Départemens , dans vingt autres proclamations rédigées , à rédiger , imprimées » à imprimer , et qui se succédaient avec une promptitude effrayante ? N'est-ce pas là ce que rediront constamment les ambitieux qui feignent d'aimer le peuple pour mieux l'exploiter ? La harangue de Muncer sera malheureusement, hélas ! éternellement paraphrasée.
C'est à la réunion où l'on discuta les termes de qe manife. te, que les principaux conjurés militaires et civils furent mis en présence. A cette assemblée assistaient Babœuf , l'âme du complot; Buonarotti qui , plus tard,
confiera la tradition du maître à de plus Jeunes révolutionnaires, servant ainsi de chaîne entre un passé violent et un avenir qui se basera sur la violence aussi; Darthé , Sylvain Maréchal ; les généraux Fyon et Rossignol , Rossignol, le triomphateur des rues, le vaincu de la Vendée; Germain, Tun des principaux agents militaires , et enfin un capitaine delà 33» demi-brigade, nommé Georges Grisel. C'est Grisel qui trahira et livrera Babœuf et ses complices. Disons quelques mots pour expliquer son entrée dans ce grand drame.
Les agents militaires , nous Tavoiis vu , essayaient de puissants efforts pour pervertir l'esprit de Tarinée. Pour réussir , ils dureut beaucoup se confier au hasard et comniettre de singulières imprudences. Ce fut une de ces imprudences qui les perdit. Dans les premiers jours de germinal, c'est-à-dire vers le 20 avril 1796, Grisel fit la rencontre, sur le quai des Tuileries, d'un tailleur nommé Mugnier , qu'il avait autrdbis connu. Pour renouer une amitié trop long-temps interrompue et dont il espérait tirer parti , Mugnier, Panthéoniste ardent, entraîna Grisel au café de Genève , où se réunissaient ses co-religionnaires en politique. On causa des affaires du temps , en buvant. Il y avait là beaucoup d'anciens détenus du Piessis qui ne se génèrent pas beaucoup pour maudire le Gouvernement , pour exhaler plus que des plaintes , des
menaces. On fit des avances à Grisel , que ses insignes d'officier indiquaient comme un prosélyte précieux à gagner. Son ami, le tailleur, fit de lui de grands éloges , et tous le fêtèrent comme un frère.
A quelques jours de là , Grisel , daus une promenade qu'il faisait sur la place de Grève, fut reconnu et accosté par un de ses nouveaux amis du café de Genève. < Cet homme, » dit Grisel dans une de ses dépositions , c me
> raconta mille impertinences jacobines dans lesquelles » je remarquai la confidence qu'il me fit de l'existence » d'un Comité secret de salut public et d'insurrection , et • d'une prochaine insurrection qui s'organisait. M'aper-
> cevant que cet homme avait ou paraissait avoir une part » dans ce complot, je conçus, après une courte réflexion,
> qu'il s'offrait à moi une occasion favorable de servir la 1 chose publique d'une manière glorieuse , et je pris et » saisis une résolution , et m'armai soudain de dissimu- » lation. > Ce conspirateur était ivre , par conséquent bavard ; il demanda à Grisel s'il connaissait les journaux de Babœuf , et, sur sa réponse négative, lui lut une longue proclamation contenue dans le numéro 41 du Tribun du Pf'iipfe , et adressée à l'armée qu'on exhortait à secouer le joug de la discipline. Entrant immédiatement dans son rôle nouveau , Grisel prétendit que l'auteur de ce numéro ne paraissait nullement connaître les militaires et ne savait parler la langue qui leur convenait, c A quoi cela aboutit il ? i fit Grisel qui voulait le faire parler ; < à des pamphlets , à des bavardages entre vous
> autres. Je crois qu'il serait prudent de prendre le
> patiî d'être tranquille, i L'ami insista. Il raconta que Paris était divisé en une multitude de petites Sociétés qui toutes se tenaient par la main ; que des chefs — il eut encore la prudence de ne pas les nommer — composaient un Comité insurrecteur formé de démocrates sûrs, d'hommes intelligents, de véritables patriotes qui avaient toute la confiance des subordonnés marchant derrière eux en aveugles. Lie but de cette vaste association , dit encore le di^i^l conjuré , c'est de rétablir la Constitution de 1793 que vingt-cinq mille hommes résolus étaient prêts à^proclamer , n'attendant pour cela qu'un signal.
L'officier qui recevait ces confidences était un homme de résolution. Ce raisonnement illumina son cerveau : Ou ce complot existe ou il n'existe pas, se dit-il ; ce qu'il y a de certain , c'est que cet honme . qui me livre ainsi son secret , me fera poignarder s'il me soupçonne de trahison. Conspirateur , j'en agirais de même eavers un faux frère ; il faut donc feindre d'être des siens , et voir comment je tirerai parti de celle confidence que je n'ai point provoquée et qui vient me trouver.
Grisel était anibilieux ; tous les moyens lui paraissaient bons pour réussir. Il feignît doue de gi*andes dispositions à se laisser convaincre. Son nouvel ami lui proposa de le conduire au Temple de la Raison. Nous savons déjà qu'eu langage panthéoniste c'est ainsi qu'on nommait le café des Bains Chinois , où nous avons entendu la jolie Sophie Lapierre chanter des hymnes en l'honneur de la déesse Egalité. « Je fus avec lui , » dît
Grisel, t dans ccl endroit lu. Je vis un assemblage confus » des deux sexes. On y prononçait des discours. J'y en- » tendis chanter entre autres horreurs, la complainte de
> la mort de Robespierre. Ces discours , ces chants , ces • visages , tout rappelait les formes acerbes du temps de » la Terreur. Chacun avait Tair inquiet , parce qu'on ne
> me connaissait pas. Mon parrain fit mon éloge , vanta 1 mon zèle robespierriste. Mes discours confirmèrent » cet éloge , et bientôt je fus entouré et fêté par tout le » monde. Un chacun me fit fête ; les uns prenaient du
> café , d'autres du vin , du cidre. Je vis que c'était une
> espèce d'orgie qui se faisait là. Jusque-là, je ne voyais
> rien de suspect ; bientôt je m'aperçus que , quoique
> celte maison fût , à proprement dit , publique , cepen-
> dant il n'y avait que les invités qui pussent y mettre » le pied ; toutes autres personnes qui entraient dans ce
> café étaient regardées comme mouchards et espions
> du Gouveraement ; on les conspuait , on les bafouait ; 9 bref, ils étaient forcés de soitir. On y parlait très-libre-
> ment sur les affaires , sur la conspiration même ; on » parlait des MmcadinSy des Chouans, etc.; tous ces pro 9 pos étaient trop vagues pour en tirer aucune consé- » quence. Uu des coiTphées de la taverne s'enquit à » l'oreille de mon ami, de mes facultés; celui-ci, d'après » ce que lui avait dit le tailleur Mugnier , me donna 9 comme un brave propre au poil comme à la plume- 9 Alors, notre coryphée m'accosta particulièrement , m^.* » questionna sur l'esprit de la troupe , me donnn des » pamphlets de Dabœuf à larmée , avec invitation de 1ns
» distribuer aux soldats , et m'invita à composer moi-
> même quelqu' ouvrage dans le même sens. Je feignis ;
> j'acceptais les pamphlets et je promis de les distri-' » buer. •
c Mais , > dit Gnsel à cet homme , c j'aurai beau corn- 1 poser de belles proclamations , si je n'ai pas d'impri- » merie à ma disposition? i — Oh ! qu'à cela ne tienne , > répondit Darthé, car c'était lui; t écris toujours, et nous
> no'S chargerons de faire imprimer. » Grisel , alors « promit de rédiger un appel à l'armée dans le ^ens de celui que Babœuf avait inséré dans son dernier numéro , mais mieux approprié à l'esprit du soldat , plus clair , plus militaire , plus facile à saisir ; et ces deux hommes » après s'être serré la main , se quittèrent l'un pour aller annoncer la précieuse recrue qu'il venait de faire, l'autre pour penser sérieusement à la périlleuse affaire dans les écuéils de laquelle il venait de s'engager.
Rentré dans sa petite chambre de la caserne, Grisel , après avoir bien réfléchi, reconnut que , quand même il voudrait revenir en arrière , il ne le pouvait plus. Il n'y avait plus de choix pour lui qu'entre la réussite ou la mort par «n coup de couteau. H se jura de réussir , même au prix de sa vie, la vie que vingt fois il avait jouée dans les batailles, la vie qu'un militaire est habitué à risquer à chaque instant. Avant de s'avancer , il voulut cependant consulter un de ses amis, comme lui militaire ; ce* lui-ci n'hésita pas à lui conseiller de se jeter à corps perdu dans cette affaire et lui promit de lui venir en aide pour aflirmcr plus tard , s'il venait a être saisi au milieu de&
conspii*ateui*s, que son inteation avait été excellente, courageuse y patriotique, qu'il n'avait jamais pensé qu'à déjouer le complot par lui découvert. Grisel demanda conseil encore au commandant de son bataillon, qui ne sut aussi que l'encourager d lui promettre aide el assislance.
Grisel , aloi*s , se mit à l'œuvre. Adrœt et résolu , il avait à l'instant , on l'a vu , parfaitement compris le rôle qu'il venait d'improviser. Dans le silence de la nuit , il écrivit une brochure hisurreclionnelle à l'adresse de l'armée. C'était la fameuse lettre de Franc-Libre , soldat de rarmée circo-^arkienne, à son ami La Terreur, soldat de Vannée du Rhin , lettre qui eut un si grand retentissement et tant d'effet sur l'esprit de beaucoup de soldats. Grisel avait imité à s'y méprendre l'enthousiasme à froid, les roots pompeux et vides de sens , le phœbus philosophique « qui distinguent cette époque déclamatoire et ampoulée. Darlhé lut le lendemain le pamphlet au café Chinois , l'accepta avec enthousiasme et s'en empara pour le foire imprimer. Grisel simula de beaux sentiments, de l'exaltation, du dépit de rester dans un grade inférieur à son mérite. Darlhé lui remit alors une commission d'agent supérieur auprès des armées , et l'emmena aux Tuileries où , dans le jardin , ils trouvèrent qu€^iques-uns des conjurés ; il leur présenta le capitaine comme l'auteur de FRanc-Libre.
Mais Grisel ne savait encore presque rien des détails intimes de la conspiration. Darthé ne s'était point ouvert à fond. Une fois, il avait emmené Grisel dans la rue tie la
Grande-Truanderie où se cachait Babœuf ; mais là il arait prié son nouvel ami de le quitter , ce que Grisel se hâta de faire pour ne point inspirer de soupçons. Une autre fois, Dartbé l'introduisit dans son logement ; cependant ces confidences complètes, attendues par Grisel avec tant d'impatience , n'arrivaient point.
Enfin, le 11 floréal (!<"' mai 1796) , un inconnu s'introduisit secrètement dans la caserne de l'Ecole militaire « se fit conduire à Grisel et lui remit un morceau de papier chiffonné sur lequel étaient écrits ces trois mots : < Tes frèvM VattenderU, » 11 y avait pour signature ces simples initiales : Z^., T., H, Le soir venu , un homme enveloppé d'un grand manteau montait chez Darthé ; c'était Grisel. Il attendit une heure environ. Un individu » qui comme lui paraissait vouloir se cacher, dont la figure se perdait sous l'ombre d'un grand chapeau rabattu sur ses yeux , apparut et demanda où était le capitaine. La femme de Darthé montra du doigt Grisel à qui l'inconnu demanda s'il était prêt. Le militaire se leva sans répondre , suivit son guide , qui le conduisit encore rue de la Grande- Tuanderie. t C'est ici » , fit l'homme en frappant à une maison de modeste apparence. La porte s*ouvrit ; tous deux, ils montèrent jusqu'à un second étage. Là se trouvait un appartement dont ils parcoururent deux chambres sans rencontrer personne. Dans une troisième , dont la porte s'ouvrit doucement , comme mystérieusement , il se trouvait cinq personnes assises.
Darthé vint à Grisel et lui dit : c Cher ami, je suis con- ^ lent de te voir. Tu ne sais pas où tu es ; mais tu vas
» rapprendre. Sache que le ^and jour de rinsurrection » approche , ce jour où le vrai patriotisme va régner dans
> la démocratie. L'instant étant proche , Theure de la » vengeance et le tocsin étant près de sonner , le comité
• a jugé à propos , pour donner pleine confiance aux
> chefs de l'insurrection , de les admettre dans son sein et » de concerter ensemble les mesures d'exécution. Voilà f nos dignes chefs , les seuls que tout vrai patriote doit » reconnaître pour tels et ceux qui vont bientôt diriger » le grand acte insurrectionnel ! Tu ne les connaissais pas 9 encore, même de nom! Hé bien! apprends que c'est
• Babœuf, Germain, Buonarotti et Didier, que voici
• tous. Il en est encore plusieurs autres; mais leurs ocf cupations les empêchent d'être présents ; tu les con-
> naîtras aussi.
Alors tous ces hommes allèrent à Grisel et l'embrassèrent, c Pour ma part, > s'écriait dans sa dénonciation le capitaine au président du Directoire, c ce fut avec une
> vraie joie que je les embrassai; car je commençais à
> espérer de tenir bientôt les monstres que je cherchais.» Dans sa déposition à Vendôme , Grisel ajoutait, au milieu des éclats de colère des accusés : c Oui , je fus irès-flatté
> de la circonstance , comme je l'ai dit. Je donnai un
> baiser à Darthé, non pas celui de Judas à Jésus,
> mais celui de Judith à Holopherne. Je voyais l'instant » où je tenais ceux que je cherchais depuis longtemps. >
Les cinq conjurés que Grisel trouva réunis étaient Babœuf 9 Darthé , Germain , Didier et Buonarotti , l'homme au grand chapeau qui l'avait amené. Babœuf , que Gri-
sel ne connaissait point encore parmi ces hommes, vint s'asseoir auprès du nouveau frère, se nomma, causa longuement et lui annonça qu -on attendait encore plusieurs personnes. Le jugement qu'à la première vue Grisel porta sur Babœuf , est assez curieux pour que nous ne veuillons pas le passer sous silence, c Après un » instant de réflexion, • dit dans sa déposition le déaondateur, c je fus surpris que ce Babœuf, dont on parlait
• tant , me parût un homme extrêmement médiocre. Eh » conversant avec lui, je crus bientôt m'apercevoir qu'il
• y avait plutôt de l'extravagance qu'autre chose dans » son procédé. J'avais lu son Analyse de sa doctrine qui
> m'avait paru un chef-d'œuvre d'extravagance. » Un » instant, Grisel crut n'avoir affaire qu'à des fous-furieux, et se sentit au cœur un grand dégoût , une répugnance extrême à poursuivre son œuvre dont la réussite allait livrer au glaive de la loi quelques pauvres insensés. Il eut même la pensée de chercher à leur persuader que , dénués de ressources, ils devaient fatalement succomber» de les détourner de leur imprudente entreprise.
Peut-être aurait-il obéi à cette tentation louable , si Babœuf n'eut détourné son attention par des questions qui , sans doute , avaient pour but de sonder Grisel , de savoir et de reconnaître sa portée , sa sincérité, c Le
> peuple est bien malheureux ! » dit Babœuf. c Que pen- » sez-vous qu'il serait bon de faire pour lui?» — t Oui, le
> peuple est malheureux , > répondit Grisel, c et voici 1 mon avis : Ce serait de dresser une pétition respec- » tueuse où l'on exposerait ses soufli*ances , où Ton indi*
> querait sommairement les moyens les plus propres à • les adoucir. On signerait cette pétition. Une dépulatîon
> irait la porter aux Cinq-Cents. Si ce Conseil rejetait
> use pétition faite comme je la conçois, ce qui à coup » sûr ne sera pas, ce que je ne puis croire, on verrait
> alors quelle autre mesure on aurait a prendre. » — c II » est bien question , parbleu ! » s'écria Babœuf dont les traits s'assombrirent, c de prendre l'attitude de sup-
> pliant, quand on a les armes à la main. »
En ce moment entrèrent l'ex-général Fyon , le général Rossignol, l'ex-commandant en chef de l'armée de Vendée, et un nommé Massard , aussi militaire et qui venait d'être destitué. Fyon et Massard étaient déjà des habiuiés , on le voyait à leur contenance , tandis que Rossignol paraissait venir pour la première fois. Il ne connaissait pas Babœuf. Quand on le lui eut nommé, il le prit à parti , voulut avoir de lui de sérieuses explications sur ses doctrines et lui reprocha de prêcher la Loi agraire. Babœuf prétendit qu'on l'avait mal compris et se mit en devoir d'expliquer à Rossignol ce qu'il entemJait par Bonheur Commun^ ce qui ne ressemblait en rien , suivant lui, à cette Lai agraire dont plusieurs lui faisaient un crime, t La Zoé agraire ^ » dit-il, c consiste à faire de la * France une sorte d'échiquier dont chaque case serait > égale et attribuée à un citoyen ; dans mon Bonheur » Commun au contraire , je veux qu'il n'exisie aucune » propriété individuelle. La terre est à Dieu ; ses fruits ap- » partietmeni à tous les hommes en général. Voilà, > ajoutait-il, c le fond de ma doctrine; toute personne iniolli-