‹ Babylone et la ChaldéeChapitre 20 sur 92 · DEUXIÈME PÉRIODE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PÉRIODE

SUMIR ET AKKAD.

Nous avons quitté l'époque légendaire et si nous pouvons désormais marcher dans l'histoire à l'aide de documents contemporains des faits que nous allons essayer de faire connaître, il faut en accepter les données.

D'après ces documents, le pays dont nous nous occupons nous paraît habité, dès la plus haute antiquité, par des populations qui ont laissé sur les monuments les noms de Sumir et d'Akkad. La transcription phonétique de ces deux noms n'apparaît que vers le milieu du xvie siècle avant notre ère; jusque-là, ils étaient rendus par des idéogrammes. Celui d'Akkad se rencontre à toutes les époques et n'a jamais eu d'autres transcription. Celui de Sumir se présente sous plusieurs formes. Dans les plus vieux monuments, nous trouvons le complexe suivant :

Ce complexe paraît propre aux inscriptions des rois des premiers empires et nous persistons, malgré les opinions contraires , à l'identifier avec le monogramme ordinaire qui nous en a assuré la transcription dans les inscriptions postérieures.

Les populations représentées par ces deux noms, diffèrent essentiellement l'une de l'autre, et de celle qui a donné à la Chaldée cet éclat qui nous la fait admirer, aujourd'hui; elles semblent s'être cantonnées l'une au Nord, l'autre au Sud.

Le pays d'Akkad est regardé, d'après les plus antiques traditions, comme le centre de la terre ; c'est là que s'élève la montagne sur la cime de laquelle pivote le ciel des étoiles fixes.

Le nom d'Akkad ne saurait représenter la ville indiquée par la Genèse, pomme une des capitales de Fempire de Nemrod. C'est une contrée dont la position géographique est indiquée par des textes précis. Sennachérib, dans le récit d'une de ses expéditions, décrit la marche des troupes élamites venues, de leur pays, au secours de l'insurgé Suzub qui occupait alors la Basse-Chaldée. « Ces troupes, dit-il (W .A pl. 41, c.V, 1.17), traversèrent le pays des Akkads. » Or, elles se rendaient de Suse à Babylone où l'insurrection n'avait pas encore éclaté. Le pays des Akkads était donc situé entre l'Euphrate et le Tigre, au S.-E. de Babylone.

La limite inférieure du pays des Akkads est déterminée par un autre passage des inscriptions du petit-fils de Sennachérib. Après avoir vaincu les forces Elamites, qui donnaient à la Chaldée ses plus utiles et ses plus fidèles soutiens, Assur-bani-pal dit qu'il a reçu les tributs « des Sumirs, des Akkads et de Kar-Dunias. » Le pays deKar-Dunias occupe la partie la plus méridionale de la Chaldée et forme ainsi la limite inférieure du pays des Akkads.

Quant au pays des Sumirs, il était situé naturellement au nord du pays des Akkads et paraît représenter plus particulièrement la partie supérieure de la terre de Sennaar, dont Babylone, qui n'appartenait plus au pays des Akkads, formait la limite inférieure. Une tablette du Musée-Britannique semble indiquer l'identité du pays des Sumirs et du pays d'Assur par l'expression d'un même monogramme. Cette observation, qui a été faite pour la première fois par M. Oppert, a son importance. Cependant, le titre de rois des Sumirs et des Akkads, que nous trouvons chez les plus anciens rois de la Chaldée, n'a été pris par les rois assyriens qu'à partir de l'époque où ils ont occupé Babylone. D'un autre côté, Sumir répond, d'après les lois phonétiques des textes antiques, à l'expression de Sennaar ( Ivan? ) . Or, le pays désigné sous le nom de Senhar ou Sengar, dans les textes de Moïse et appelé Iwyocpoç par les Grecs, porte aujourd'hui le nom de Senjar, chez les Arabes, et comprend le pays situé aux environs de Mossoul et de Nisibin, entre le Tigre et le Chabour, sans que la frontière méridionale puisse en être bien fixée.

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