BABIL
La première ruine que l'on rencontre en venant de Mohawil à Hillah, c'est Babil. C'est la plus imposante par ses dimensions, par sa position et par l'effet qu'elle produit.
C'est une masse énorme de 180 mètres de longueur et de 40 mètres de hauteur, formée par les débris des matériaux accumulés par la main des hommes pour construire un édifice immense sur un terrain parfaitement plat et dont l'aspect, aujourd'hui désert, fait ressortir encore davantage la grandeur.
Babil est le seul nom qui rappelle celui de Babylone dans ces contrées. Les Arabes l' appellent quelquefois Makloubeh, c'est-à-dire « la Ruine, » et non pas Mudjelibeh ; ce dernier nom semble s'appliquer à toutes les ruines en général.
En fouillant les décombres de Babil, on y trouve des briques estampées au nom de Nabuchodonosor; aucun document d'une époque antérieure ne vient nous renseigner sur cette construction.
Beaucoup d'hypothèses se sont élevées pour expliquer la destination de cet immense bâtiment. Est-ce la tour de Bélus dont parle Hérodote, comme Raynel, Sir H, Rawlinson, Quatremère et d'autrès l'ont pensé? Est-ce le sépulcre de Bélus, comme cherche à l'établir M. Oppert? La question n'est peut-être pas encore tranchée. Mais s'il y a incertitude sur le nom, si la destination antique peut être controversée, il y a un point sur lequel il n'est plus possible d'avoir de doute. Les inscriptions l'indiquent d'une manière formelle et viennent même nous en faire connaître l'usage. Ce monument est désigné dans les textes antiques par le nom de Bit-Saggatu.
C'était un temple consacré à Marduk et qui renfermait, outre la coupole des Oracles où reposait le Dieu, un sanctuaire particulier consacré à son épouse, à Mylitta-Zarpanit, la Délephat des Grecs.
Ce temple avait une grande célébrité. Les rois d'Assyrie en parlent souvent dans leurs inscriptions. Assarhaddon et surtout Nabuchodonosor, puis après lui Nériglissor ont orné et enrichi ce sanctuaire. Il fut détruit par Xerxès. Plus tard, Alexandre fit d'inutiles efforts pour le restaurer.