EL KASR
La seconde ruine sur laquelle nous devons porter maintenant nos regards, en suivant le cours du fleuve, est celle que les Arabes nomment El Kasr « le Château. »
Cette ruine cache, suivant Bérose, d'accord en cela avec les inscriptions, les restes du palais que Nabuchodonosor fit élever en dehors de
BABYLONB ET LA CHALDEE.
celui de ses pères. Un rapprochement suffit pour qu'il n'y ait aucune incertitude à cet égard. L'historien chaldéen nous dit que la construction de ce monument fut terminée en quinze jours; or, nous verrons que cette donnée se trouve précisément reproduite dans un passage de la grande inscription de Nabuchodonosor, que nous citerons bientôt; il ne peut donc y avoir aucune équivoque sur le monument ainsi désigné.
Les briques que l'on extrait de cette ruine sont, comme les autres, couvertes d'inscriptions au nom de Nabuchodonosor. Quelques-unes ont été vernissées et proviennent du revêtement de l'édifice. Elles étaient disposées de manière à représenter des sujets. En réunissant un certain . nombre de fragments on a pu reconnaître des montagnes, des forêts, de l'eau, des murailles et même des images d'hommes et d'animaux; il est permis d'y voir l'image de quelques-unes des merveilles décrites par Ctésias. Enfin, quelques débris présentent des restes d'inscriptions; mais ces fragments sont trop peu nombreux pour qu'il ait été possible de les réunir. Ils sont suffisants pour qu'on puisse comprendre que les palais de Babylone ne différaient des palais de Ninive que par la nature des matériaux employés à leur construction. Le marbre des palais de Ninive a résisté à la destruction, aussi on a pu exhumer les nombreux bas-reliefs, les nombreuses inscriptions qui les décoraient.
L'ornementation des palais de Babylone a disparu. Les briques peintes se sont d'abord détachées des gros murs, puis elles ont été broyées pendant qu'on exploitait les gros murs pour construire des villes nouvelles qui ont été détruites à leur tour.
La position du palais dont nous nous occupons, était admirablement choisie, elle domine toute la terre de Sennaar ; c'est là, peut-être, que Nabuchodonosor, en promenant ses regards sur les monuments marqués de son empreinte, a pu prononcer ces paroles que la Bible nous a transmises :
« N'est-ce pas là cette grande Babylone dont j'ai fait le siège de mon royaume, que j'ai bâtie dans la grandeur de ma puissance et dans l'éclat de ma gloire? »
Sur le sommet de cette ruine on trouve aujourd'hui le seul arbre de la contrée; c'est untamarix assez vieux déjà, mais auquel les légendes populaires prêtent plusieurs origines qu'il est intéressant de rappeler ici.
Suivant les fervents disciples de Mahomet, qui visitent ces lieux, Ali