FRAGMENTS PU CYLINDRE DE NABONID
piré par mon respect envers la déesse Istar d'Agané, ma souveraine, j'ai fait creuser un puits. Les dieux Samas et Bin me dirigèrent, j'ai cherché le Timin du temple ulbar pour mon bonheur. Avec la constance d'un roi, j'ai guidé mon armée à la recherche de ce Timin, trois soixantaines d'années (180 ans) avant les recherches qui avaient été entreprises par Nabu-kudurussur, roi de Bab-llu. Je l'ai exploré en avant, en arrière, j'ai cherché et je n'ai pas trouvé, mais ils avaient dit ainsi : « Nous avons cherché ce Timin et nous ne l'avons pas trouvé. L'orage et les eaux avaient tout inondé et en avait fait une ruine. '. . »
La troisième colonne commence par une longue lacune dans laquelle le Roi rendait compte de la réussite de son entreprise, on peut en juger par ce qui suit :
(C. III, 1. 15.) — « . . .le temple de Sin et ce temple
pour la construction de ce temple j'ai
trouvé le timin du temple ulbar et j'ai lu ainsi le nom de Sagaraktias dans ces profondeurs.
« Sagaraktiyas, Pasteur (ri'u) véritable, seigneur suprême. . ... . Moi. Je dis ceci : Le dieu Samas et la déesse An unit m'ont appelé pour gouverner les pays et les peuples ; ils ont rempli ma main des tributs de tous les peuples. Je dis ceci: Le temple du Jour, le temple de Samas, mon Seigneur de Sippara et le temple Ulbar d'Anunit, ma souveraine, à Sippara, avaient été renversés jusqu'à la base par le nommé Zabum, dans des temps antérieurs. J'ai déblayé les substructions, j'ai mis à découvert ses fondations, j'ai remué des monceaux de terre, j'ai dégagé ses murs, j'ai achevé ses usurat, j'ai examiné ses fondations, j'y ai apporté de la terre nouvelle, j'ai consolidé les fondations, j'ai relevé les soubassements à la gloire de Samas et d'Anunit pour ma propre satisfaction, ils m'accordèrent la constance de leur protection. Qu'ils prolongent mes jours, qu'ils me rendent ma vie première et qu'ils perpétuent dans ce palais mes années de bonheur, qu'ils protègent l'écriture de ce monument et qu'ils élèvent la gloire de mon nom.
« C'est ainsi que j'ai trouvé. .... .le nom de Sagaraktias, roi de
Bab-llu, mon prédécesseur, qui a construit le temple ulbar dans Sippara, en l'honneur d'Anunit et qui en a posé le Timin. J'ai replacé .dans les fondations lebaril de l'orient, le baril de l'occident et le Timin antérieur, j'ai revêtu l'extérieur du temple w/èaretj'ai achevé sa magnificence, je
l'ai fait resplendir comme le soleil, j'ai consacré à la déesse Anunit, la Grande Déesse, ma souveraine, pour la prolongation de ma vie, une partie de mon butin.
« Anunit, Grande Déesse, toi qui suis le dieu Sin, le père qui t'a engendrée, toi qui surveilles le Bit-Saggatu , le Bit-Zida , le Bit-iz de la Grande Déesse, le temple du jour, le temple d' Anu, le temple ulbar, les demeures de ta Grande divinité; (permets) qu'avec ton assistance mes œuvres soient achevées, que leurs fondations durent comme les cieux; perpétue dans le cœur des hommes la crainte de Sin, le chef des Dieux, et de Marduk ; (permets) que les fondements (de cette demeure) durent jusqu'à l'accomplissement de leurs destinées.
« Car Nabu-naid {an-ak-im-tuk) , roi de Bab-Ilu n'a pas péché contre ta Grande Divinité, et Bel-sar-ussur, mon fils aîné, le rejeton de mon cœur, prolongera ses jours jusqu'à l'accomplissement de leurs destinées. »
(W. A. 1. I., pl. 69.)
Nabonid, d'après le canon de Ptolémée, a régné dix-sept ans. M. Oppert a découvert au Birs-Nimroud une inscription datée du 30e jour du 6e mois de la xvi° année de Nabonid, roi deBabylone (539 a. J.-C). Malheureusement, ce document est aujourd'hui perdu.
BEL-SAR-USUR.
Le nom de Bel-sar-usur qu'on trouve dans le document de Nabonid et qui peut répondre au nom de Balthasar, vient donner une importance toute particulière à un détail du livre de Daniel, que nous avons indiqué {Suprà p. 241) et qui trouve naturellement sa place ici.
BEL-SAR-USUR.
« Le roi Balthasar, dit l'écrivain juif, offrait un grand festin à mille des plus grands de sa cour et chacun buvait selon son âge.
« Le roi étant donc déjà pris de vin, commanda qu'on apportât les vases d'or et d'argent que son père Nabuchodonosor avait emportés du temple de Jérusalem, afin que le roi but dedans avec ses femmes, ses concubines et les grands de la cour.
« On apporta donc aussitôt les vases d'or et d'argent qui avaient été transportés du temple de Jérusalem et le roi but dedans avec ses femmes, ses concubines et les grands de la cour.
« Ils buvaient du vin et ils louaient leurs dieux d'or et d'argent, d'airain et de fer, de bois et de pierre.
« Au même moment, on vit apparaître des doigts et comme la main d'un homme qui écrivait vis-à-vis du Chandelier sur la muraille de la salle du roi, et le roi voyait le mouvement des doigts de la main qui écrivait.
« Alors le visage du roi se changea ; son esprit fut saisi d'un grand trouble ; ses reins se relâchèrent, et, dans son tremblement, ses genoux se choquaient l'un l'autre.
« Le roi poussa un grand cri et ordonna qu'on fit venir les Mages, les Chaldéens et les augures ; et le roi dit aux sages de Babylone : Quiconque lira cette écriture et me l'interprétera, sera revêtu de pourpre, aura un collier d'or au cou et sera la troisième personne de mon royaume.»
On sait que Daniel seul put lire cette sinistre inscription; il n'est pas sans intérêt de la rappeler ici avec son interprétation.
« Or, continue le Livre du Prophète, voici ce qui est écrit : MANÉ THECEL PHARÈS.
« Et en voici l'explication : Mané, Dieu a compté votre règne et en a marqué l'accomplissement.
« Thécél, vous avez été pesé dans la Balance et on vous a trouvé trop léger.
« Phares, votre royaume a été divisé et il a été donné aux Mèdes et aux Perses.
« Alors Daniel fut revêtu de pourpre par l'ordre du Roi. On lui mit au
cou un collier d'or, et on fit publier qu'il aurait la puissance du royaume, comme étant la troisième personne.
« Cette même nuit, Balthasar, roi des Chaldéens, fut tué. »
La science moderne peut chercher à son tour à retrouver, non pas le sens, mais les mots mêmes qui apparurent sur les murs du palais de Balthasar. Ces mots n'étaient pas écrits avec les caractères en usage alors dans la Chaldée ; mais on sait par les inscriptions des Achéménides que les vainqueurs qui s'avançaient à la conquête de Babylone parlaient une langue nouvelle, écrite avec des caractères alors inconnus et avec lesquels il est peut-être possible de reconstituer aujourd'hui ces mots mystérieux. C'était le dernier avertissement de la puissance des Perses qui grondait déjà aux portes de Babylone.
En effet, quelle qu'ait été la valeur de Nabonid, le moment était venu où la puissance chaldéenne allait disparaître. Dans la dix-septième année de son règne, Cyrus, roi de Perse, était parti de son pays avec une nombreuse armée, et, après avoir ravagé tous les pays du Nord., il entrait dans la Babylonie. Nabonid vint à sa rencontre avec son armée et, lui ayant livré bataille, il fut vaincu ; son fils Balthasar fut tué en défendant Babylone contre l'entrée des troupes. Nabonid se retrancha dans la citadelle de Borsippa, où il resta encore pendant quelque temps, jusqu'à ce qu'il fut obligé de se rendre volontairement. Cyrus le traita avec bienveillance et lui assigna une demeure en Carmanie, où il termina ses jours.