CHAP. IIL — SON INFLUENCE AU XYIII« SIÈCLE. S
ment encore critiqué Bacon et signalé les lacunes de son exposition des méthodes scientifiques. M. Mill est un esprit plein de force et d'exactitude, qui a presque toujours raison, hormis sur les principes. La plupart de ses critiques subsistent, et Ton ne peut plus citer l'enseignement méthodologique de Bacon comme complet ni comme infaillible. Cependant il reste toujours un maître, et un grand maître. Résumant tout avec des autorités diverses, l'un avec la sûreté de l'esprit le plus droit et le plus lucide, le plus élevé et le plus modéré, l'autre avec la verve d'une forte intelligence qui donne la vie à tout ce qu'elle touche, M. Hallam et M. Macaulay se sont rendus les interprètes de l'opinion éclairée de leur pays, en déterminant avec discernement dans l'admiration le caractère du génie de Bacon et l'importance de la réforme que son nom rappelle. Aussi continue-t*il à garder son rang tant dans la philosophie morale que dans la philosophie naturelle, et ainsi se justifient, du moins en Angleterre, ces mots de sir James Mackintosh : « Les écrits de Bacon sont encore aussi délicieux et aussi étonnants qu'ils l'ont été jamais, et son autorité n'aura pas de fin'. »
< Dissert, on ihe prog* of ethie. pM,, p. 37, Dût. EdiDb., J830.