CHAP. IV. -.DERNIERES TRANSFORMATIORS. U
dogmalisme comme du scepticisme anléneor. L'iirduction et l'expérieoce ne sont pas chez lui ce qu'elles sont chez Âristote. Il entrevoit dans Platon quelque trace de ses procédés d'analyse, mais il diffère de Platon; car s'ils opèrent de même, l'un opère sur lès notions et lautre sur les faits. Il s'éloigne aussi de l'ancien matérialisme, car il n'est pas atomiste, et le premier peut-être il a conçu l'idée d'une matière physique^ celle des anciens s évaporait en matière meta* physique. Bacon est donc original, et cette originalité, M. Fischer la caractérise en le mettant en rapport successif avec l'histoire, la poésie, la morale et la religion. Sous ce dernier point de vue, Bacon a séparé profondément la croyance et la raison, sans les exclure Tune par l'autre, de sorte qu'il a pu prêter à des interprétations différentes et même opposées. Il n'est ni incrédule, ni athée ; mais une doctrine fondée sur l'expérience ne donne pas les moyens de remplir scientifiquement le vide qui sépare les conceptions des choses naturelles des conceptions du surnaturel. Bacon, empruntant une distinction d'Âristote, avait distingué avec soin la méthode expérimentale de l'expérience pure et simple, et M. Fischer élève l'une et l'autre au rang d'un système sous le nom d'empirisme. Ce système peut se développer sous les formes du nominalisme, du sensualisme, du matérialisme. Le dernier siècle les lui a données toutes. Le nôtre, depuis que Kant a écrit, le reproduit sous le nom de réalisme. En créant une science de la raison pure^ en isolant les lois nécessaires de la pensée, la philosophie critique n'a plus laissé à l'homme d'autre
ressource qu'un dogmatisme vide, nouvelle sorte de scepticisme, ou bien elle Ta autorisé, plus d'un passage de Kant en fait foi, à remplir et à compléter les formes de l'entendement par les connaissances de Texpérience, à opposer d'abord et à unir ensuite au criticisme qui est un contenant le réalisme qui est un contenu. C'est du moins ainsi que s'explique ce phénomène d'abord surprenant, et au fond naturel, de l'apparition d'une philosophie pratiquement sensualiste, qui prend sa date de l'avènement du quasi-idéalisme de Kant. Mais il reste qu'on a pu dire comme H. Fischer que Bacon nous avait montré l'art de trouver les lois de la nature, Kant les lois mêmes de l'expérience.
Ce n'est point par le circuit de la philosophie kantienne et de sa transformation successive dans les mains de Fichte , de Schelling et de Hegel , que la science est arrivée parmi nous à ce caractère d'empirisme exclusif que ses adhérents ont appelé le positif vtsme. Formé par une sorte d'élagage successif de toute conception puisée dans la conscience de l'esprit, cette doctrine en a contracté un caractère anti-philosophique ou du moins opposé à tout ce qui s'est appelé jusqu'à présent philosophie, et ce caractère se conserve dans toutes les œuvres qu'elle a produites. Un homme d'un esprit ferme, qui peut être regardé comme celui qui l'a le plus savamment mise en système, M. Auguste Comte, fait gloire de négliger, de répudier, d'ignorer tout ce qu'on a longtemps nommé philosophie. Sa pensée fondamentale est historique. L'homme, dit-il, est théologien dans son enfance,