‹ Bacon, sa vie, sons temps, sa philosophieChapitre 13 sur 112 · CHAPITRE r · texte numérisé non relu

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importunes, enfin il portai t trop de philosophie dan^ la jurisprudence pour que ses confrères et ses rivaux, môme les plus habiles, lui rendissent une justice entière. Tandis qu'il se montrait aux légistes préoccupé, à bon droit, de ce qu'il a lui-même nommé les lois des lois, lege» legum\ il avait, dès Tannée 1585, tracé les premiers linéaments de VInsfauraiio magna^ c'està-dire d'une nouvelle organisation du savoir humain. Il esquissait, sous diffiérentes formes, Toeuvre qu'il appelait fièrement le plus grand enfantement du Temps, Temporù parftis mamimus^. C'est de cet ou» vrage gu'un secrétaire du comte d'Essex, Henri Cuffe, disait î « Un fou n'aurait pu le faire, un sage ne l'aurait pas osé. w Probablement Bacon ne cachait pas ses idées sous le boisseau de la modestie ^ il ne devait s'interdire, dans ses entretiens, ni l'originalité qui étonne, ni la présomption qui blesse; et, malgré la gaieté de son esprit et l'agrément de son commerce, il avait déjà des ennemis. Dans le nombre, il compta, de bonne heure, Edouard Coke', son aîné de dix ans. Celui qui devait être le plus grand jurisconsulte do

* Celui de ses ouvrages auquel on sr donné ce titre , }os 4phorismes de Droit, ou le De Fontilms jurii^ n*a été publié quVn 1623, dans le traité Oe Augmentis, édition de M. Bouillet, t. I, p. 451. Tout ce qu'il a écrit sur la législation est resté longtemps manuscrit. Voir, sur ce sujet, une longue note dans Tedition de M. Montagu, t. XVI, part. II, noie CC.

< fkiH$tola Qd pahêm Fulgenliuifi, édition Bouillet, t. 111, p. 539.

s Né en 1551, élève, co«m« Baceo, de Whitgift à Trinity Collège, Edouard Coke entra au barreau par Técole d'Inner Templi!, Il parcourut avec éclat toutes les charges de jndicatore. Sun

son pays et de son temps, sans en être un des plus grands esprits, cet homme éminent par la subtilité et la rigueur, mais sans lettres, sans goût, sans idées, ressentait contre Bacon ce mélange de dédain et de jalousie, dont ne préserve pas un mérite réel mais spécial, et s'exprimait sur son compte avec une dénigrante hauteur. Déclamateur pédantesque dès qu'il ne raisonnait pas en droit. Coke ne pouvait apprécier, môme au plus faible degré, les vues neuves, les solides pensées, les traits brillants de son jeune confrère, et peut-être déjà s'élevait-il entre eux, avec la jalousie de métier, un pressentiment de la dissidence d'opi-* nion et de nature qui devait les opposer un jour l'un à l'autre, sous les bannières divisées de la cour et du Parlement.

Mais alors Coke n'était pas l'orateur populaire qui devait braver Clîarles I"; il n'était que le plus habile et le plus riche avocat de Londres. Son rival, luttant péniblement contre la concurrence et la pauvreté, s'efforçait, par son zèle à intervenir dans les poursuites où rÉtat était intéressé, de rendre son nom plus favorable dans le monde du gouvernement. Mais, prévenue par l'exemple ou les conseils de son ministre, Elisabeth disait, en parlant de Bacon : « Il a beaucoup d'esprit et d'instruction, mais dans la loi il montre bientôt le bout de son savoir-, il n'est pas profond. »

commentaire sur LiUleton est roracle de la jurisprudence anglaise. U Tut Orateur de la Chambre des communes , et passe pour avoir rédigé la fameuse Pétition de Droit. H mourut en 463i. (Voyez sa \\e dans lord Campbell, Lices qf the ckie/ jus- (icest t. ], cbap. VU et suiv.)

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