‹ Bacon, sa vie, sons temps, sa philosophieChapitre 18 sur 112 · CHAPITRE II. — 1593. tO · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. — 1593. tO

dont la (léAnition embarrasse encore la loyauté el la sagacité des historiens anglais. Peut-être avait-il plus d'éclat que de mérite*, la présomption pouvait l'égarer jusqu'à l'insolence. Mais il était aimable, brave, spirituel, un ami chaud, un protecteur fidèle, un courtisan populaire , qui donnait à ses qualités et môme à ses défauts le prestige d'une grâce chevaleresque. Bacon, en s'attachant àlui, gagna son amitié et son appui. L'exemple de son intervention cordiale et zélée décida Burleigh à quelques démarches. Voici un billet du premier ministre : « Neveu, je n'ai pas lo loisir d'écrire beaucoup^ mais en réponse j'ai lÂché de vous placer. Mais la reine a demandé au lord keeper les noms de divers légistes à choisir. Il m'en a informé et je vous ai nommé comme un homme qui convenait à l'emploi. Sa seigneurie a adhéré par manière d'amitié, à cause de votre père \ mais il a montré du scrupule à vous mettre de niveau avec certains qu'il a nommés comme Brograve et Branthwayt qu'il appuie spécialement. Mais je continuerai a vous rappeler a Sa Majesté et à implorer l'aide de mvlord d'Essex. Votre affectionné oncle *. » Les sollicitations durèrent plusieurs années. Nous en avons toute l'histoire dans les correspondances du temps. Le garde du sceau, sir John Puckering, était le grand obstacle. Il trouvait que Bacon était pour lui peu respectueux. Lord Essex répondait (jue cela tenait à sa franchise et qu'il avait avec lui les mêmes manières. Bacon écrivait d'un ton de prière ou de rc-

* 27 septembre i:i95. Works, l, VI, p. ».

proche alternativement. Il protestait de son respect pour le ministre et lui rappelait ce que son père avait fait pour lui. Burleigh et son flls se montraient peu actifs-, le dernier même fut soupçonné d'être hostile- « Puisque Vassistance de ceux qui devraient être les amis de M. Bacon me manque, écrivait le comte d'Es* sex, cela me rend plus zélé moi-même ' . » Et il pressait incessamment la reine. Elle s'obstinait à trouver que le candidat n'était pas assez bon jurisconsulte*, elle rappelait le malencontreux discours contre les subsides -, deux points que sir John Puckering ne lui laissait pas oublier. Quelquefois elle s'impatientait de l'insistance des sollicitations. No pouvait*on pas attendre ? La place n'était pas donnée. 8i Ton continuait de la presser ainsi, elle chercherait dans toute l'Angleterre un solliciteur général plutôt que de prendre Bacon. « Mais, ajoutai t-elle, c'est cet Essex! Je suis plus fâchée contre lui que contre Bacon. » Essex, en ardent ami, en favori confiant, bravait tous les caprices de son humeur, et tantôt par l'adressç^ tantôt par la brusquerie, il essayait de les vaincre. « Je l'ai trouvée fort sur la réserve, écrit-il une fois de la cour même ^, prenant soin de ne me donner aucune sorte d'espoir-, cependant point passionnée contre vous, jusqu'à ce que je me sois mon* tré passionné pour vous. Elle m'a dit alors que personne ne vous trouvait propre à l'emploi, hors mylord trésorier et moi... Je l'ai pressée, je lui ai dit qu'elle pouvait ne pas annoncer ses intentions aux autres,

« /d., t. V, leit. 13, 17, ôJ.

« «8 mars 1594, WorkM , t. VI, p. 9 et soiv.

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