‹ Bacon, sa vie, sons temps, sa philosophieChapitre 2 sur 112 · PRÉFACE. III · texte numérisé non relu

PRÉFACE. III

gens d'esprit. Il est facile d accuser la légèreté des lecteurs ; mais c'est aux écrivains d'en triompher et de réussir à donner de l'intérêt à ce qu'il pourrait bien y avoir après tout de plus intéressant au monde. Pour écrire l'histoire de la philosophie avec une variété et un mouvement qui soutînt Tattention, il suffirait peut-être de se rappeler davantage qu'elle est une histoire.

Pourquoi en effet se réduirait-elle à Texpofitîon des systèmes philosophiques? L'histoire politique ne se borne pas à exposer les systèmes politiques des différents États. Une histoire de la philosophie pourrait être au moins une his^ tûire des philosophes. Leur vie individuelle û*t pCLS toujours été froide et uniforme. Hs sont sortis plus d'une fois des retraites de l'étude et de renseignement. Quand on les place dans le milieu où ils ont respiré, lorsqu'on rappelle les événe^ ments, les institutions, leç religions, toutes les (^rconstances sociales en un mot qui ont entouré U berceau des écoles importantes et l'existence de leurs fondateurs, lorsqu'on raconte comment, sous Tinâuenoe des fttits, des moeurs et des opinions, se iont créés, modifiés et détruits les principaux sys^ tèmes tour à tour conformes ou opposés au mouvtmcût général des esprits, lorsqu'on les repré-

Page 1