IV PRÉFACE
sente à leur naissance, puis dans leur développement, dans leurs progrès, leur lutte et leur décadence, on est conduit à embrasser, à retracer un tableau si vaste et si varié qu'il ne peut manqua d'intéresser même les indifférents en matière de métaphysique, et Tinsuffisance du talent empêcherait seule un pareil sujet de piquer la curiosité et de divertir la raison.
Dans le projet de réconcilier les honnêtes gens avec l'histoire de la philosophie, il m'avait semblé qu'on pourrait prendre l'Angleterre pour champ d'épreuve. Depuis le temps de Bacon jusqu'au nôtre, la société britannique, traversée par des révolutions politiques et des dissensions religieuses, a été constamment agitée ou plutôt animée par une liberté sans exemple. Les événements et les institutions, les controverses delà littérature et de la théologie, les débats des partis et des sectes, ont donné aux opinions philosophiques qui se sont produites chez nos voisins une réalité et une action qu'elles n'ont pas eues en tout pays. Il serait instructif et il serait piquant de caractériser à la fois l'esprit, la doctrine et la personne de tous ces écrivains, de tous ces penseurs, presque toujours mêlés par position aux affaires de leur pays. C'est en Angleterre surtout qu'une histoire de la philoso-