‹ Bacon, sa vie, sons temps, sa philosophieChapitre 44 sur 112 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

encore de cette insuffisance de garanties qui mettait la constitution en problème et en péril. On ne se rendait pas un compte exact des causes, on ne ressentait que les effets. Les actes de la prérogative, depuis le commencement du règne, les édits rendus et les impôts établis , Tindulgence vraie ou prétendue envers les catholiques, les signes d*un rapprochement avec l'Espagne, le projet de marier le prince de Galles à l'infante, et les dispositions douteuses du gouvernement à soutenir la cause protestante dans la question de la succession du Palatinat, qui agitait l'Europe, tels étaient les motifs de mécontentement et de défiance. Avant d'accorder aucun subside, on

avantageuse pour les affaires du roi dans les esprits ou plus grossiers, ou plus portés à la douceur, ou bien gagnés à ce prince, ce qui faisait croire que les affaires se traiteraient dans lesdits États à son contentement. Mais depuis Ton a reconnu que les puritains, qui se taisaient et attendaient le temps pour faire parattre leur intention, se portent tout au contraire, soit qu'ils soient plus clairvoyants que les autres, ou que leur passion leur serve de raison, ou qu*ils soient ennemis de leur roi , duquel ne se pouvant venger d'autre façon, ils veulent le faire enrager en le contredisant ; car 11 avait désiré deux choses : Tune, qu*on ne touchât point à ses prérogatives ; l'autre, qu'ils se disposassent à donner de l'argent prompteroent... et qu'après on parlerait de leurs affaires, et qu*il leur donnerait le contentement que la raison et la Justice requéraient; ce qui lui a été refusé tout à plat, et ils ont fait résolution de n'accorder rien que Ton ne leur donnât sûreté de parler, et pour tout ce qu'ils pourraient dire , on ne les pourra reprendre ni 4 préseot, ni à Tavenir, ce quUls font à cause qu'au dernier Parlement, quelques-uns furent mis en prison pour avoir trop causé. » Dépêche du comte de Tillières, envoyé de France, à Puysieux, du 2i février, Mss. fond Saint-Germain , à la Bibliothèque impériale.

réclama satisfaction sur tous ces points, et surtout une pleine assurance que la parole était libre et que nul ne serait recherché pour avoir dénoncé les abus. Au premier rang des abus, on plaçait les patentes de monopoles imprudemment départies aux créatures et même aux parents de Buckingham. Jusqu'au droit d'ouvrir des cabarets avait été concédé en privilège à des courtisans. On joignait i ces plaintes la demande d'une réforme dans les cours de justice et particulier rement dan» celle de chancellerie. Coke, se posant en chef de Topposition, fit former un comité d'enquête sur la question des monopoles, et vint solliciter, au nom des Communes, à la barre des lords, une conférence dans la chambre peinte. C'est lord Saint-Âlban lui-même qui, assis sur le sac de laine, vit paraître à la barre son rude ennemi, porteur du message accusateur, et qui fut obligé d'y répondre par le consentement des pairs. Â cette première attaque, Buckingham, surpris, aperçut le danger, et son orgueil ne le brava pas. D'accord avec le roi et le prince de Galles, il inaugura la politique des Stuarts ; il livra les malheureux qu'il avait compromis. Les premiers furent deux personnages que la comédie contemporaine a mis en scène, comme des types d'avidité et de ridicule, deux concessionnaires de monopoles, dont l'un, sir Giles Mompesson , était le beau-frère et l'associé de sir Edouard Yilliers, frère aîné de Buckingham'.

* Des deax inculpés, Mompesson et sir Francis Mlebetl , l'un était Toriglnal de sir Giles Overreach, et Tautre du fnge Greedy^ dans la comédie de Massinger. (L. Campbell, Lif^ qf Baeen, p. 376.) Edouard VHliers était frère de père de Baekingfaam.

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