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ment défendu. Mais en rentrant dans la Chambre des pairg, les deux lords, sur la proposition du lord chambellan lui-même, le comte de Pembroke, furent blâmés par un vote, pour avoir sans autorisation entretenu de leurs propres intérêts une réunion formée pour un autre objet, et ils durent reconnaître leur tort et demander pardon à la Chambre. C'était un fâcheux début. Le 17 mars. Bacon présidait pour la dernière fois, tremblant de voir â chaque instant apporter à la barre le message d'accusation contre lui (impecLchmeni). Il leva la séance de bonne heure et revint à York House dans une grande agitation, n se sentit ou se dit malade, se mit au lit, et de ce moment il cessa de paraître; il ne sortit plus que pour voir le roi une ou deux fois en secret.
n avait d'abord espéré que la royauté ferait reculer le Parlement. Il montrait une certaine confiance et ne pensait pas que le gouvernement se séparât de lui. « Votre seigneurie parlait du purgatoire, écrit-il àBuckingham, j'y suis maintenant. Mais mon âme est dans le calme -, car ma fortune n'est pas mon bonheur. Je sais que j'ai les mains et le cœur purs, et j'espère, quanta mes amis et à mes domestiques, que ma maison est pure aussi. Mais de Job lui-môme ou du plus juste des juges on ferait un fou dans un temps où la grandeur est le but et l'accusation le jeu. Et si c'est là être chancelier, je pense que le grand sceau, fût-il gisant sur les bruyères de Hounslow , personne ne voudrait le ramasser. Mais le roi et votre seigneurie, j'espère, mettront un terme à mes peines de ma--
m VIE DE BACON.
nière ou d*autre ^. » Bacon eut bientôt avec Bucldngham un entretien qui dut Téclairer sur ce qu'il pou* vait attendre.
L'alarme en effet était dans le gouvernement. La question des monopoles compromettait toute la cour, la famille de Buckingham et lui-même. Mompesson , ce membre des Communes décrété d'arrestation, s'était enfui, et la Chambre, irritée, menaçait le lord trésorier et surtout le chancelier. Pour conjurer l'orage, on était prêt à tous les sacrifices. Un homme d'église, Williams, doyen de Westminster, fut consulté dès le début de l'affaire par Buckingham, qui ne l'avait employé jusqu'alors qu'à d'obscures négociations. Il conseilla d'éloigner sir Edouard Yilliers par une ambassade, de jetet par dessus bord les deux monopoleurs comme marchandises dont on pouvait se passer j et en tout il fut d'avis de ne point lutter contre le courant. Il gagna à ces conseils ce que probablement il n'espérait pas ; il fut plus tard le successeur de Bacon. Pour le moment, le premier juge du Banc du roi, sir James Ley, prit par commission, et à la prière même du chancelier, la direction des débats de la Chambre haute, à laquelle les Communes demandaient déjà la conférence préalable. Le 20 mars, Buckingham qui, de la part du roi, s'était rendu à York House, fit connaître à la Chambre la maladie du chancelier, et remit une lettre de lui où d'un ion triste, mais non désespéré, il semblait aller au-devant de
> Works, t. VI, p. 277 ; cf., t. V, les letl. 255, 256, 257, 258, du 25 mars au 21 ayril 1621.
CHAHTRË VI.— l«2j. uz
l'accusation et priait ses collègues de lui accorder certains moyens de défense *. Dès la veille, le secrétaire d'État Galvert avait apporté à l'autre Chambre un message du roi. Sa Majesté pensait qu'après une session déjà longue, un ajournement viendrait à propos. Elle avait appris avec chagrin les plaintes éle* vées contre le chancelier, ayant toujours pris soin de foire les meilleurs choix-, mais nul ne pouvait prévoir de tels accidents. Elle se rassurait en pensant que son honneur était cher à la Chambre. Cependant elle proposait de renvoyer l'affaire à une commission de six pairs et de douze membres des Communes pour l'examiner sur dépositions attestées par serment. Elle espérait d'ailleurs que le chancelier était exempt de toute faute \ mais, s'il était coupable, elle ne doutait pas que la Chambre ne fit justice. On voulait ainsi gagner du temps. Sir Edouard Coke dit que la commission proposée ne devait apporter aucun obstacle i la marche de l'instruction parlementaire , et la Chambre continua de préparer l'accusation et de recueiUir des preuves , malgré l'opposition de sir Edouard Sackville^t de Thomas Meautys.
La proposition royale n'eut aucune suite, et de séance en séance, les charges s'accumulèrent à tel point, qu'il fallut bientôt souffrir le procès ou dissoudre le Parlement. Le 27 mars, après avoir ratifié l'arrêt rendu par les lords contre sir Giles Mompesson',
» Requête du i9 mars. Works, t. IV, p. 829.
' c Je vous ai mandé comme le chevalier Mompesson s*éuit enfui, et comme ceux du Parlement avaient tourné leur colère contre le cbanceUer e( le grand trésorier , qui avaient donné
Jacques vint au Parlement , annonça la révocation des troi^ principaux monopoles, et donna l'assurance que celui qui était auprès de lui (Quckingham) s'était toujours montré disposé à rendre de bons offices aux deux Chambres et aux membres de Tune ou de Tautre. Il leur fit le même éloge du prince de Galles , mai» en seconde ligne \ il les remercia de leur affection et de leur respect; puis, sans nommer le chancelier, passant à ces actes de corruption dont le monde par^ lait tant^ il parut dans le doute sur les projets de la Chambre haute, conseilla de procéder sans passidn, avec lenteur, conformément aux lois, et de ne pas écouter les impertinents discours de ceux qui confondent les innocents et les coupables. Après quoi, il ajourna les Chambres au 17 avril. Il avait cru satis*^ faire le Parlement et s'en délivrer; rendant finesse pour finesse, le Parlement parut charmé de son lan** gage, et les lords fondèrent à perpétuité, pour celé* brer l'anniversaire de ce jour, un sermon solennel auquel ils devaient assister en cérémonie.
« Si le Parlement eût duré, écrit l'ambassadeur de
approbation aux patentes qu'avait obtenues ledit Mompesson. Depuis ils ont donné arrêt contre lui par lequel ils Tout condamné i être banni de la ville de Londrea et de la cour de douie milles , dégradé de noblesse, confisqué tous ses biens , et par dessus il est condamné à cent mille livres de France d'amende, aiin qu'il ne puisse plus rien acquérir, Oté de la protection de la loi, qui est une très-mauvaise chose pour lui, car qui le voudra battre, estropier et même tuer, le peut faire sans encourir aucune peine, Plût à Dieu que ceux qui se mêlent en France de telles affaires fussent aussi maltraités! » Dépêche de Tillières du 13 avril.