‹ Bacon, sa vie, sons temps, sa philosophieChapitre 48 sur 112 · CHAPITRE VI. --leSi. Ii · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. --leSi. Ii

France, le oomte de Tillières, à ^n gouvernement, le chancelier eût êu le saut^ et comme ]e l'entends, non sans sujet, ayant fort malversé en sa charge. Le marquis de Bucldngham l'assiste de tout son pouvoir et n'en peut venir à bout, non plus que de la rupture du Parlement qu'il a fort souhaitée. » Mais Buckingham n'avait pas tardé à reconnaître qu'il s'expose^ rait lui-même, s'il ne livrait Baoon, et que le roi pourrait les trahir tous deux, s'il le voulait forcer à défendre son chancelier, a Pour celui-ci , écrit le même diplomate ', il n'est remù sur le trottoir (?) , mais il y sera bientôt avec assurance de sa perte. Je l'ai appris de M. le marquis de Buckingham qui est son ami , et lequel m'a témoigné de recevoir à déplaisir, non pas sa ruine, car il dit qu'il l'a bien méritée, mais son mauvais gouvernement, étant homme qui avait de bonnes parties, et mis de sa main en la charge qu'il possède-, mais que pour lui, il est si affectionné au service de son maître et au bien de son pays qu'il abandonnerait son propre frère, s'il avait malversé. Quelques-uns croient que cette sincérité n'est qu'en paroles, et qu'en effet il a fait son pouvoir

pour le sauver, mais qu'il n'a pu empêcher le

chancelier de tomber ni rompre le Parlement comme il avait dessein *, que le roi a dit en plein Parlement qu'il l'abandonnerait lui-même, s'il avait manqué à quelque chose et contribué aux désordres de l'État ^ et enfin une grande mélancoUe qui paraît en lui et en toute sa maison. Il ne sert de rien de dire que son

1 Dépèches manascriles du 13 avril et da 2 mai.

iid Vl£ DE BACON.

maître le caresse plus que jamais, d'autant que Ton sait que le jour de devant que le comte de Somerset fut mis en prison, il faisait le même avec lui. » Buckingham savait ce que dit encore Tillières, que des passions du roi la crainte était la plus farie^ et il se conduisit en conséquence. Mais Bacon fut longtemps sans s'avouer toute la lâcheté de ses protecteurs : il espérait avoir intéressé le roi dans sa cause. Un prince aussi jaloux de sa prérogative ne pouvait laisser la main du Parlement saisir aussi près de son trône un de ses premiers serviteurs. Maïs les conseils de Williams étaient toujours écoutés. Jacques n'était impérieux qu'en principe -, il manquait autant d^ générosité que d'audace. L'ivrognerie avait tout abaissé en lui, jusqu'à son insolence. Dégradé par ses vices, il ne retrouvait un peu d'énergie que pour s'attacher à celui qui savait le mieux les entretenir et les flatter. Charles, son fils, qui a conservé dans l'histoire une attitude de fierté, aurait dû pousser le roi à la résistance. Mais après quelque hésitation, il avait passé sous le même empire, et, pour expliquer cette continuation de l'influence de Buckingham , on est allé jusqu'à supposer au fils quelques-uns des vices les plus honteux du père '. De tels protecteurs, Bacon ne pouvait attendre que des faiblesses. Le roi, qui estimait avant tout les tours du métier de roi, King's crafi^ après avoir voulu dissoudre la Chambre, jugea que plus il défendrait son chancelier, plus il expose-

* Dépêches manuscrites da comte de Tillières, du i2 janvier et dn 14 février iô23.

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