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nier elEoft d une philosophie rapirante. Os luttes wprémes dee «eetâs du moyen âge précédèiwt de plup de cent cinquante ans les premier» travaux de Bacon, Il y a là comme une lacune dans l'histoire delà philosophie, un intervalle singulier pendant lequel les bruits contentieux de l'école sa taisent peu à peu, à mesure que s'élève et se rapproche rbarmonieuse et puissante voix de la renaissance.
Car il arrive enfin , ce seizième siècle, ère mémorable de la délivrance, aurore du jour de gloire de Tesprit humain. Qui peut en parler Fans reconnaissance? Qui peut le célébrer sans enthousiasme? Mais comment le peindre dignement? Où trouver un dessin assez fier, une couleur assez vive, pour représenter celte incomparable époque où les génies et les caractères luttèrent de grandeur avec les événements?
Telle est pourtant la scène où il faudrait placer Bacon , et dont la description aurait pu précéder son histoire. Mais le tabl^u se fut trop agrandi, et il a fallu me borner à en dire assez pour expliquer ce que Bacon a dû à son temps et ce qu'il n'a dû qu'à lui-même. Si ce volume était accueilli avec indulgence, je pourrais plus tard, en tâchant de faire mieux connaître lord
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Herbert de Cherbury et d'autres contemporains ou successeurs de Bacon, essayer une esquisse plus terminée du moyen âge philosophique et de la renaissance en Angleterre, et tracer ainsi l'introduction de l'histoire que je n'ose plus entreprendre.
Pour le moment, renfermons-nous dans l'étude du baconisme. Le champ est limité. Il n'oifre point de mines nouvelles à creuser, de découvertes à faire. C'est une philosophie bien vite connue, si l'on ose parler ainsi, et je ne puis, en cherchant à la décrire, et à la juger, prétendre à aucune originalité. Cependant l'examen n'en viendra peut-être pas sans à-propos. Bacon est un des grands promoteurs de l'esprit des temps modernes. Il a puissamment contribué à lui donner sa direction, à lui inspirer confiance dans sa puissance et dans ses destinées. Il l'a par avance assez fidèlement représenté. Dédain du passé, foi dans la raison, croyance au progrès, respect pour les faits, amour de la nature, passion de l'utilité, tout cela se trouve dans Bacon et dans ses livres. Mais à l'orgueil de la pensée, il joint la crainte de la spéculation, à l'enthousiasme de la science, la défiance de tout enthousiasme ; il fait, comme on l'a dit de Socrate, descendre la philosophie sur la
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terre, mais il l'attache à la terre, ce que Socrate n'a point fait. L'élévation de son génie ne se retrouve pas toujours. dans ses idées, et il est quelquefois inquiet et comme embarrassé de sa grandeur. ^
Ne pourrait-on pas reconnaître là quelques caractères de l'esprit du temps? Espérances, témé-rites, découragements, abaissements, terreurs, tout cela ne se retrouve-t-il pas dans l'histoire de la pensée, comme dans la vie réelle des peuples? La philosophie ne se ressent-elle pas de tout ce qu'éprouve la société; et ne peut-on pas étudier dans Bacon nos idées à leur origine? N'annonçait-il pas ce que nous sommes?
Personne n'en est plus convaincu que moi, au-, cune révolution n'a plus fait pour la vérité et l'hu-. manité que la révolution conunencée il y a trois siècles. Mais tout astre a ses éclipses, et l'esprit nouveau des sociétés et des sciences n'est pas une lumière sans nuages. Formé contre l'autorité et le moyen âge, il peut y ramener toutes les fois qu'il s'égare ou qu'il s'abaisse. La violence et la faiblesse sont les deux écueils de toute puissance , et quand il touche à ces écueils, on songe avec quelque regret au port qu'on a quitté. C'est ce qui s'appelle en politique une réaction. Ainsi les erreurs du baconisme
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ramènent à ce que Bacon a détruit ; on se prend à craindre que le monde moderne n ait été abusé par de fausses lueurs; la raison est punie de ses exoès par ses défaillances. Quand la science vçut aller au delà des conditions de la nature humaine^ elle retombe bientôt en deçà. Ayant manqué le vrai, eUe s enferme dans Tutile; intimidée^ humi-liée, elle abandonne un terrain où le préjugé rentre en mattre. Ces oscillations philosophiques ont leurs analogues dans le monde social, et l'homme est le même acteur sur tous les théâtres. On trouvera mûà doute, dans la philosophie de Bacon, le principe de bien des succès et le germe de bien des fiiutes. On aimera peut-être à rechercher jusqu'à quel point il a contribué aux progrès comme aux déyiationii du savoir humain, comment il est pour qudque chose dans les erreurs même au-dessus desqudles il s'est élevé, comment il nous a poussés sur la pente sans s'y précipiter lui-même, et l'on voudra voir s'il a &it aux hommes tout le bien qu'il espérait. En ce moment, quelques-uns disent grand mal de la révolution intellectuelle à laquelle il a par* ticipé; d'autres croient sauver l'honneur de cette révolution en la réduisant aux résultats matériels des sdences expérimentales. Ce sont deux opinions qui peuvent citer Btcon, l'une pour l'accuser, l'autre