‹ Bacon, sa vie, sons temps, sa philosophieChapitre 55 sur 112 · CHAPITRE Vil — i6â2. It · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vil — i6â2. It

ses habitudes personnelles. Il était simple dans ses vêtements, sobre dans son régime, modeste dans ses plaisirs , né connaissant d'autre jeu que le jeu de boules. D*odieuses inculpations contre ses mœurs sont tombées comme des calomnies '. Son commerce était agréable. On cite de lui des bons mots, qui nous paraissent assez froids, mais qui plaisaient; lui-même y mettait du prix et il n'a pas négligé de les recueillir^. Quoique trop sensible à la flatterie de ses inférieurs, il aimait la société des hommes distingués, et sa conversation, tour à tour solide et enjouée, les attirait autour de lui. Les noms de ses amis doivent trouver place dans sa biographie.

Celui que nous devrions peut-être citer le premier était mort avant sa disgrâce. C*est sir Thomas Bodley', ce généreux ami des lettres, qui, après avoir servi utilement dans les cours de l'Europe la grande politique d'Elisabeth et contribué par son ordre à chercher des alliés à notre roi de Navarre , termina honorablement sa vie en fondant à Oxford la riche bibliothèque qui conserve son nom.

* Hist. de BacoHy par M. de Vauzelles, t. II» p. 75.

* A Collection qfapophthegmSf Works, t. II, p. 400. Un docteor Biyly a publié un recueil de WiUy ApopM. de Jacques K", Charles i'S Bacon, Morus, etc. Ath. Oxon., t. III, p. 202.

* Né en i544 et mort en 1612. Sa famille avait été persécutée aoua Marie. Employé dans la diplomatie pa? Burlelgb, entre 4580 et 4597» U fut ambassadeur en Danemark, puis auprès des puissances allemandes. Enfin , retiré à Oxford , il s'occupa de rétablir la bibliothèque de TUniversiié et d*enricblr celle que le duc de Gloucesler avait fondée dans le quinzième siècle, et qu'il dota en mourant de presque tout son bien.

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Lancelot Andrews', érudit et théologien, prédieateur habile, dont Taffectation plaisait au goût de répoque et qu'un contemporain appelle THomère de la chaire, réunissait toutes les vertus épiscopales à un zèle ardent pour les doctrines qui devaient plus tard coûter à Laud un j^ix si funeste. Il jugeait la philosophie de Bacon avec les idées de la philosophie scolastique, mais il admirait son esprit, et quand il mourut évéque de Winchester, Milton , tout jeune encore, séduit apparemment par sa piété et son talent, le célébra dans une élégie latine. Andrews était membre de la Société des Antiquaires, fondée sous Elisabeth par Tarchevèque Parker, et que recommandèrent, à son origine , les noms encore cités de Cotton et de Gamden. Quoique Bacon fût plus lettré qu'érudit, il est difficile qu'il n'ait pas pris intérêt à cette première institution académique qui avait compté dans son sein un homme aussi accompli aux yeux de ses contemporains que sir Philippe Sidney, et des ministres tels que sir Thomas Lake et le comte de Marlborough^. Mais deux de ses membres du moins et des plus éminents, Selden et Davies, figuraient dans le cercle qui se réunissait autour de Bacon. John Selden, jeune encore, déjà connu par son Histoire des Dîmes^ et mis par la postérité au nombre

1 Né à Londres en 1555, mort en 1026. Versé dans le grec, r hébreu et la théologie, il fiit fort employé dans les controrerses contre Rome, et écrWit contre Bellarmin.

* Voir, relativement à la Société des Antiquaii*es, TooTrag* de Lucy Aikin sur la conr de Jacques I*^ Mémorial of ihe court f etc., S vol. in-8, Lond^, 1832.

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