‹ Bacon, sa vie, sons temps, sa philosophieChapitre 56 sur 112 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

des grands érudits de son pays, avait offert plus d'une fois à Bacon le tribut particulier de ses recherchais -, et consulté par lui sur des précédents qui pouvaient lui servir dans ses disgrâces, il avait loyalement répondu à son appeP. Après lui, sir John Davies, peu connu aujourd'hui, mérite encore quelque souvenir. C'était un jurisconsulte de Middle Temple, qui composa longtemps des vers et nombre d'acrostiches en rhonneur de la reine Elisabeth, sans se faire remarquer d'elle. Son Nosce te ipsiim^ poème sur l'immortalité de l'àme, lui mérite pourtant une place dans le tableau de la philosophie du temps, et lui attira l'attention de Jacques P', qui le fit chevalier et son solliciteur général en Irlande*.

Nous avons déjà nommé plus d'une fois Ben Jonson. Maçon, soldat, comédien, il était devenu un des premiers poètes dramatiques du temps oiïi régnait Shakspeare. Il excellait dans les masques, les pastorales , dans tous ces intermèdes alors goûtés de la cour et du beau monde -, et librement admis auprès de Bacon, qu'il savait apprécier, il le chantait à sa

* Né en 158i» Selden lyM étudié au Temple, n consacra ses connaissances de jurisconsulte surtout à des travaux historiques sur la légishtion. En 1616, il adressa à Bacon une notice sur la dignité de chancelier. Ses talents et son érudition furent toujours au service de la constitution de son pays ; il fut un des avocats de John Hampden, et arrêté avec d'autres membres du Parlement en 1629. Cependant, à la mort de Charles P% il se sépara , par la retraite , du parti de la révolution. Son Mare clausum est célèbre (1625). Sa mort en 1654.

* Né en 1570, mort en 1626. Le Nosce te ipstim est de 1599. On a publié de lui quelques ouvrages posthumes de droit et d'histoire.

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table en vers un peu rudes , mais expressifs. Peu d'hommes ont parlé de lui avec une admiration plus sentie et une estime plus fidèle. Ce n'est pas assurément louer un philosophe en faiseur de comédies que de dire : « Ce que je sens pour sa personne n'a jamais été augmenté par sa place ou par ses honneurs, mais j*ai eu et je lui garde respect pour la grandeur qui n'appartenait qu'à lui *, car il m'a toujours semblé , par son ouvrage , un des plus grands hommes et des plus dignes d'admiration que les siècles aient vus '. »

Biais, dans un cercle encore plus étroit d'intimité, il faut placer les deux cousins de Bacon , sir Henri Wotton et sir Thomas Meautys, le premier', voyageur, antiquaire et moraliste, admirateur intelligent et convaincu des grandes vues scientifiques de l'auteur de VInstnuratio Magna ^ le second, dévoué confident,

' Né on itt74 , Ben Jonson monrnt en 1697. Ce n*éuU pas seulement un poète plein d'énergie, de facilité, et même d'imagination, c'était un esprit qui comprenait les choses les plus sérieuses; et quelques lignes quMl a écrites sur le Novutn Organum prouvent qu'il était capable et digne d'entendre Bacon. (Voyez tout le passage intitulé : De Augmenfu KienHarum, /. Cmsar. Lord Saint'Àlban, Disçoveries y t. IX, p. i85.) U l'admirait an point d'espérer que ses disgrâces ne serviraient qu'à mettre en lumière sa vertu. « Dans son adversité, dit-il, Je n'ai jamais demandé à Dieu que de lui donner la force; car pour la grandeur^ elle ne pouvait lui manquer. »

* Né en 1568, mort en 1639. 11 a composé quelques ouvrages d'érudition, d'histoire et de pédagogie, publiés, pour la plupart, après sa mort. Isaac Walton , qui a écrit sa vie, a donné une collection de ses œuvres. Reliqum WoUonianœ^ in-8, Lond., i651. (Voir The lïves of Donne, WoUon, etc., éd. d'Oxford, 1824.)

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