CHAPITRE Vf!.-«l62i. iti
ami courageux, qui ne l'abandonna ni dans ses périls ni dans ses disgrâces, et dont il a dit : « Ma richesse, dans mon adversité, a été d'avoir un bon mattre (le roi), un bon ami (Bucldngham), et un bon serviteur (Meautys). » Après avoir été son serviteur pendant sa vie, Meautys devint clerc du Conseil privé-, il fut fait chevalier, et s' étant rendu acquéreur de la terre de Gorhambury, il la laissa à un parent dont la descendance devait relever la pairie de Verulam*.
TobyMatthew' était dans une position un peu secondaire, quoique fils d'un archevêque d'York; mais sa conversion à la religion catholique lui avait fermé toute carrière, et compromis, emprisonné même à l'époque du complot des poudres, il avait été forcé de s'expatrier. Bacon, en lui témoignant de l'intérêt, n'avait
> T. V, lett. 265. Sir Thomas Meautys, cousin et héritier du précédent, étant devenu propriétaire de Gorhambury, près Saint-Albans, épousa Anne, fille de sir Nathaniel Bacon, le fils de sir Nicolas par sa première femme. De lâi vint la seule descendance ou plutôt la seule représentation de la famille. Cette lady Meautys, femme d'une piété ardente et dévouée à la haute fiflise, épousa en secondes noces sir Harbottle GHmstone. Celal-ci, ayant acheté la réversion de Gorhambury d'un neveu du second Thomas Meautys, acheva de détruire le ch&teau, dont il vendit les matériaux. Cette terre appartient maintenant à James Walter Grimston, héritier de James Bucenell, vicomte Grimston, créé, en 1815, comte de Verulam. Ainsi les deux titres successifs de pairie de Bacon sont divisés : un Grimston est comte de Verulam , un Aubrey de Vere Beauclerk, duc de Salnt-Albans.
* Né en 1578 , mort en 1655. l\ a écrit une vie de sâlnte Thérèse et traduit les ConfeuUnu de saint Au$H$Hn, (Voyez, dans les Œuvres de Bacon, le t. V, lett. 92, 03, 99, i03, 174, «50, 277, 283, et le t. VI, p. 91, 217, 311.
pu ni osé le servir*, il s'était efforcé surtout de le dissuader d'une superstition si voisine de la trahison, et qui risquait fort d'être pire que V athéisme. Cependant, durant dix années que Mattbew parcourut le continent, Bacon entretint une correspondance avec lui, lui ayant môme donné, pour plus de sûreté, un chiffre qu'il avait inventé. Il lui envoyait ses écrits, lui demandait des conseils qu'il recevait avec empressement, et se faisait tenir par lui au courant des nouvelles européennes de la science et de la politique. Revenu en Angleterre en 1617, Matthew n'y put rester qu'un an-, son exil et sa correspondance recommencèrent. Toutefois, en ^622, il fut définitivement rappelé. C'était le moment où, décidément infidèle à l'ancienne politique, le cabinet anglais se rapprochait de l'Espagne, et la religion de Matlhéw, ainsi que ses relations avec ce pays, le tirent employer par Buckingham aux négociations du mariage avec l'infante. Du môme coup, il devint pour Bacon un intercesseur utile. Il lui était certainement dévoué , il le servit de son mieux-, mais, confiné par sa position dans les services secrets, il avait eu aussi le malheur de compromettre son protecteur, et son nom se lit dans le quatorzième article des faits de corruption prouvés contre le lord chancelier. Toutefois, il méritait sa confiance, au moins dans les choses d'esprit. Il avait une instruction peu commune, et certains préjugés d'Église môles à une certaine Uberté de pensée, en faisaient, au milieu d'une société protes • tante, un critique intelligent et original.
Entièrement subordonné à son maître, William