‹ Bacon, sa vie, sons temps, sa philosophieChapitre 58 sur 112 · CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIL

Rawley S chapelain de Bacon, resta jusqu'à la fin le confident et Tauxiliaire de tous ses travaux, et il a, mieux que personne, servi sa mémoire par une biographie précieuse et la publication de nombreux manuscrits. Avec Rawley , avec Ben Jonson lui-même, George Herbert ', d*une famille noble , poète et théologien , aidait le grand écrivain à traduire en latin ses ouvrages anglais, et Bacon l'en remercie dans la dédicace d'une version de quelques psaumes. En visitant Cambridge avec le roi Jacques en 1619, il avait distingué Herbert, alors revêtu du titre d'Orateur de l'Université. Il l'avait attiré à Londres et à la cour, que Herbert ne quitta que sous le règne suivant pour entrer dans les ordres sacrés. Recteur de Bemerton, près Salisbury, il finit ses jours dans une grande piété. On en trouve les preuves dans ses lettres à sa mère qui ont été conservées. On dit que Pope estimait ses vers. Arnold y admirait un sentiment éloquemment religieux '.

Au nombre des confidents intimes de Bacon, nous

1 Né à Norwich vers 1588, mort en 1667.

* Né en 1393, mort en 1632, il était du pays de Galles, de la même famille que les comtes de Pembroke, et un des frères putnés de lord Herbert de Cberbury. C'est probablement cette circonstance qui a fait dire par erreur que ce dernier était Tami et le collaborateur de Bacon. Rien dans les ouvrages de Tun ni de l'autre , rien non plus, je crois, dans aucun auteur contemporain, ne confirme cette supposition, fréquemment ré' pétée et pour nous sans nulle vraisemblance. (Voir la vie de G. Herbert dans The Lives de Walton et dans Granger, Biogr. hisL ofEngL, 1. 11, p. 353.)

' Life and Carresp.f by A. Stanley, lettre k Comish, p. 49, 7« édil.

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devons nommer à part Thomas Busbel, jeune homme d'une famille noble , qui entra chez lui comme son page et qui devint son collaborateur dans ses expériences scientifiques. II semble même les avoir com* prises mieux que lui, si Ton en juge parce qu'il nous a laissé, une relation de quelques-unes et un exposé de sa théorie de l'exploitation des mines. Il n'avait guère que trente-neuf ans, quand Bacon mourut, et plus de trente ans après, dans ses curieuses puhlica* tionsS il défendait encore la mémoire de Bacon contre la rigueur du jugement qui l'avait frappé. Enfin un autre jeune homme, né en 1588, après avoir dirigé la dernière éducation d'un fils du comte de Devonsliire et parcouru avec lui le continent, fut, i son retour, présenté à Bacon qui Taccueillit avec sa bonté ordinaire et qui bientôt distingua entre tous Thomas Hobbes. Il aimait à se promener dans les allées de ses jardins avec lui, avec Bawley, avec Bushel, qui souvent devaient prendre note de ses pensées et les écrire en courant. Mais c'était Hobbes qui, disait-il; les saisissait le plus vite et les reproduisait le mieux. L'élève ne profita que trop de l'enseignement d'un tel mattre, et s'emparant avec prédilection des points hasardeux de sa doctrine, il en élagua certaines inconséquences heureuses qui les tempèrent, et son esprit, plus ferme et plus rigoureux, organisa, sur les principes de Bacon, une forte et fausse philosophie.

* II moarat en 1674. Son principal oavrage eit intitulé: Àbridgmmt of L. C. Baeim*s pbilêsopMeal thêorp of mimerai prosecutions, ( Lond.» |659. Yo^. Athen. Oxon*, 1. 1)1, p. 1007.)

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