‹ Bacon, sa vie, sons temps, sa philosophieChapitre 62 sur 112 · CHAPITRE VU. — iô26. 14S · texte numérisé non relu

CHAPITRE VU. — iô26. 14S

Sir Thomas Meautys lui fit élever un monument en marbre blanc où il est représenté assis, dans l'attitude du travail. Voici l'épi taphe composée par sir Henri Wotton : « François Bacon, baron de Verulam, vicomte de Saint- Alban, ou plus connu sous les titres de lumière des sciences, de modèle de l'éloquence, s'asseyait ainsi. Après avoir résolu tous les problèmes de la sagesse naturelle et civile , il obéit à cet ordre de la nature : ce qui est composé sera dissous ^ L'an du Seigneur mdgxxvi, de son âge lxvi^. A la mémoire d'un si grand homme, Thomas Meautys, dans le culte de ce qui survit, dans l'admiration de ce qui n'est plus, éleva ce monument. » On ne manquera pas de remarquer que toute pensée positivement religieuse semble exclue à dessein de cette inscription.

Quatre ou cinq mois avant sa mort^ à la fin de 1625, croyant son terme proche, Bacon avait fait ses dispositions. Béconcilié avec Williams qui, n'ayant plus le grand sceau, n'était qu'évéque de Lincoln , il le pria de vouloir bien, de concert avec sir Humphrey May, chancelier du duché de Lancastre, publier ses discours et ses lettres, et la commission était acceptée, mais ne fut point remplie ^. Il dédiait en même temps à George Herbert , comme poète et comme théologien, sa traduction de sept psaumes. Enfin il écrivait (19 décembre) un testament^ qui ne doit pas

* Ccmpotita solpantur^ principe de philosophie natureUe reçu parmi les scolastiques.

« Works, t V, letl. 296.

' Ses exécuteurs testamentaires sont sir Humphrey May, le juge Huttoo^ sir Thomas Grewe, sir Euball Tbelwal, sir Fran;

146 ViË Dfe BÀCON.

élre crtibHê. Ad thlUeU de quélfc[lie§ dkittJôlUmis ddnt là p\\ïè Ihtëresàante est la rondatiori de délit cllàireà de phUoSOphie naturelle à Oiford et à Cambridge*, 6h y ttt)Uve ùnë sorte de côntessîdh digne et tnéïailcolUJué tjul iTslfeve liit peu ion âltte de èd vie. « Je légûe itioh hoih et ma métnoii'e, dit-il, àUx disdOurt dé§ lidîtittles charitable^, fet aux nàtloiiS étratlgèhëS, et aux âges ftituri. » Ddtlblë tétiloigtlâgë de« §etltîiilehts d*iltl cœut hUmiUé et d'Un esprit flef , prière dU faible 411! à besoin de paMon, noble appel dU génie stii* de son Ituttiot-talité. Tel èàt le contraste étfahge c[Uè t)ré9ëntë cet hdtntne ëitraordinaire, eet hoittme vulgaire et gratid. l?ôpé à dit danâ Un Vërâ célèbre : Lëptui è'agéj fe ptu^ brillant et le pluh ml des hôihniêi* ^ trois hypërbbles ddttt llôUs H'âfccéptoiife àucUrie. IfoUâ ilttûS brOyohs quitte efivet*8 la âtrlètë justice- nous nlnfeiglerUiiS pàé, la Vie de Bàëbn i dû le peiildrë. Que §ertd*ajoUtët qu'il avait des qualités àimdbleé ël bienveillantes, Une Belle figure, un tell vif* qui précis Barneham et sir John Gonstable, ses deux beaux-frères. l\ y a des legs nombreux pour ses amis et ses serviteurs, le marqtais Ciatt (d*Ëâat), ie todite dé DoHét, Meiîtliys, MdttbèW» Ràwley, etc<, et, ce (ju'bn doit reniarqueri kdy Coke (lady Hatton) qu*il n*oublia jamais, et ses deux enfants. Dans un codicille, il révoque, pour de grandes et justes causes, une disposition idsëréë dané le teètàmeili en tuteur de âa ftnhmë. ( l^ô>*^, t. iU

' Les fonds de la succession ne purent suffire pour cette fondation. Bacon se croyait toujours plus ricbe qu'il n'était.

* If parts âliuré yoù, thlnk hbw bacbii stiiti'd , The vnsest, brightest, meanest of liiànkind.

(Ess. onMâh., iV, V. 281.)

• L'œil d'une vipère , disait harvey, son médeciii, à John Aulirey. {Lives, t. il, part. 1, n^iv.) 6a physionomie ésl întéllî-

f ëflalt m M ftVéùr, tMlë tàirité à hatite (Jtl'éllë Iw pehilettàit d'élfë ttftabte et facile, ûh ësj[<rït [ii'ôfn^f et tMmë etijdué qtti âddhait beaucoup A'ûitMi à Itoâ ceniMèrëe ? La hàturë tiiôrdlë de Sâcdti était de cëlleâ ^e reipérifeilëë de là tie «'ô|)t)rëûd que tf ojpf â ëoiinâi- Itë. Soti intelUgeiice avait tmit ce qiii mariquait â son eafttetèfë^ et in6Me la stipérïoiité de TûAe, absorl)aiit éë qd'H y âtaît en luî de besdn d'élévfttioii et de noble orgueil, l'abandonnait sans dhllëé Atït folble^- 169 de M Mtltë. Il fàtit ajotitëi' que dàtië là tàtnitlë et té tnofldë dft il était ilé, il àtàlt ^Uëé àvéc le Idit ces opiiliotl*, eti quelque Sorte offlôîelleS, que développe et êtmsôCrë trt)p SWiVërIt k tëctiefclie ou l*ëxércice dëi Ibtiëtidiis publiques. l)eS facultés d*titt hotame, il y à peu de plus digne emploi que ëës foiiëtioiis. Àtais ëcriilttlë tout a Sotl péi^Il, Ml y ôdtittdetë parfois une dispositidn ft MbW datis TàtitdHté tiil pHtilégë qui eouvi^ totlt. Oïl àbdicpië la liberté d'tifa esprit (}UJ Se jdge, se gouTferne, se condamne, et rori f éserve toute éonseience motàle, s'il en i^stë, polit' là Vie privée, pdur lë^ sëtitlitients ititlmes. Là ylë pilbli^ue dévient qtiëlquë Chdse Comme là guerre oh tout est përtnlS. Pourvu que l'État soit setvi oïl lé màttf e SàtisM , Fftme est en t^pds. DeS fàôùltës émitientës , nous

goKe «t âoàc« éàM ftës fionrâllftf gMtés |>oàr là plûpMi d*»^ près un origîDal de Van Someri de la eoHeetida du ooste de Yeralam. Ùesi probablement le tablèan tu par Aubrey à OO'^ lltlinlmry, ëd ieti. Lès nOUYëâut éditeurs ont préféré une tiellleirâttre de StiAOti Pâfts, quMis soppbsetit h\it é*zptki trti tableau de Cornélius Jansenn, probablement encore existant. (Éd. Longman, t. I» p. xt ; E. Lodge, Por<. ofiUustr, pert,,

t. Il, m

l'avons vu dans nos tristes jours, ne préservent pas de cette perte d'indépendance, de cette abnégation de la vraie dignité, y compris celle de l'esprit. On a pu remarquer qu'un grand savoir, un mérite incontesté, mais spécial, devenait quelquefois un motif de plus de se rendre indifférent à certaines délicatesses et supérieur à certains devoirs ^ et des savants même illustres nous ont fait penser à quelques-unes des faiblesses de Bacon.

Mais les plus criminelles ne peuvent pas être mises tout entières sur le compte de ses préjugés. Celui qui se vantait si haut d'être, par sa raison, en avant de son temps, ne peut être reçu à s'excuser de ses fautes par les exemples ou les opinions dont il était entouré. L'àme de Bacon était au-dessous du niveau commun.

On ne peut parler de son âme sans se demander quelles étaient ses opinions religieuses. C'est un point qui veut être éclairci. Nous n'en avons rien dit, et il ne paraît pas qu'elles aient joué un grand rôle dans sa vie. Nul doute qu'il n'ait respecté, comme une consigne, l'ordre établi dans son Église. Il aurait, s'il l'eût fallu, inventé l'érastianisme, en cela d'accord avec l'archevêque Parker, primat sous Elisabeth, ami de collège de Cecil et de Bacon. Mais nous ajouterons que , sinon par les sentiments, au moins par la croyance, il était chrétien. On en a douté-, ses ouvrages n'abondent pas en déclarations explicites et détaillées sur les dogmes de la foi. Il s'est môme reproché d'avoir tant écrit, et si peu sur la religion'.

1 Epit. dédie, da Dial. de bello sacro; éd. Bouillet, t. lU, p. 493.

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