‹ Bacon, sa vie, sons temps, sa philosophieChapitre 63 sur 112 · CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIL

Rien n'annonce en lui de vives dispositions à la piété. Son mépris des autorités scolastiques, sa prédilection pour les sciences positives et les recherches expérimentales , le caractère pour ainsi dire terrestre de sa philosophie, les conséquences que les doctrines empiriques en ont tirées, les hommages que lui a rendus notre dix-huitième siècle, et l'honneur suspect d'avoir été pris pour maître par d'Alembert et par Diderot, avaient pu donner des doutes plausibles sur là nature ou la réalité de sa foi religieuse -, nous conviendrons même que l'incrédulité , ou , pour mieux parler, qu'une liberté de pensée, taxée d'incrédulité par les diverses ÉgUses, a été connue de meilleure heure et plus répandue dans le monde moderne qu'on ne le croit et surtout qu'on ne l'avoue ; et les protestations ou les précautions orthodoxes de quelques grands esprits nous inspirent une confiance médiocre. Une partie des passages nombreux, où Bacon fait au christianisme des allusions toutes favorables, pourraient être récusés par des critiques difficiles , qui se rappelleraient ce qu'il a dit de l'usage opportun de la dissimulation'. On pourrait croire que ce ne sont là que des formes convenues, des habitudes de langage, en un mot que c'est une orthodoxie de style. Cependant il faut remarquer que si , par des conséquences plus ou moins spécieuses, quelques-unes de ses vues ont prêté ou conduit à l'irréligion, l'irréligion n'a inspiré aucun de ses ouvrages *, aucun n'a eu pour but la négation ou même l'affaiblissement d'un dogme

> Serm.Jidel.f VI; éd. BonUlel, p. 330.

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sef^fH/g^r^^^i^f ?for*i, t, n, p. 4p4. ppt éctu ft»t pi»-

blié po)ir la premif^re foi$ en i6i5, et inséré trois ans après dans les Bacon's Remains , iii-4*, 1648. Or, tout n^est pas ienn pooramMillqDe 44psm reogeiL pavto etfeqisaa pabUaatt l'Bfl s^ $ficufid0 fie^cUfltjft, en J§5S, }>ujrie ^i^ fiqçqnifmq, en 1679, se sont plaints qii'on eftf attribua à Bacon des ouvrages apocryphes, et ni Tan nf l'autre n'ont repris ni avoué l«s Pafodosuy qoa M. HoBUgo et H, PouiUM «e croient dm ^e Riicoi. i^l^ U y f> 4'a»îfr^Ç *yl** Pni^ P^pcft^ à regarder rouyragp comme un essai de jeunesse, abandonné plus tard. (Montagu; t. VII, préf., p. xvi; Bouillet, t. I, p. 547» et t. Il, p. xxiii, PHter, Ge$ch, der P^,, t. ^ », SI80

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§ult4t 4'H» §wm6n imp*rti»l ^t attentif j p*e^d*^W owfewtotion tri^-p?cftpte pijtre |pu^ l^ parties 4« te 4optrme phr^liei)Dp qij'il ^lait f^Qvtif^m^i humàlf^

guV f'éfdU f^upqrqvffoif^ , &ifs osjBjr plier s^u^} loin, PQu« difpfts qu'up écrit 4oiiteu3^ 4^ns f^op orjgiw, dw* sop iÇDi, daj^ ppn but, pp ppqt su%e pour prmlopr dj^w notre esppt contre r^utorité des pop4)r.ep^ pa^- ^es qi^ B^cpp parle en pdèle. l\ /çepait trpp Ipp^f 4e les ipdiqupr pt ppus y rpyieodrpp^ en étudj^t ^ pJii|psoptii8^. Mi^s fiiçn ne pou» autorise 4 ep Ppp^e^tor liEi sincéri^, et il nops parait qpe, sans apcqpe j^ét §pûnt9pép, sap$ mille fervppr jntip^ 4# vrai pbirptiep, ^^p 4evait, p^r 1k B#^prs de §op e^pprit, j^ér^r, ^p$ réppgp^pçe pt ^^ |i^tatiûn^ À Ift fi()| de son pays et de son gouverpppient, quand p^p^^ pp /ipartPWt 1p tômpigp»gp wsppiît, ?i Vop yppt, de

* Le ÔkifiêikaUimê de M. Boêw, ptv M. Émary, diic. ^él.|

t Op n^Q^ fit^ 4P#re pr^res inséré,es 4aps jses (fiuvres; Precatio, t. H, p. 489, 490, 493; édit. Bouillet, t. III, p. 476; les MedUationes sacra, id. ihid., p. 463; ce qa*il dit de la théoloô#, ^ i4«W»> PJ* n» I* ïX, ? ; .4ii l'.14mw ^ PW^lj|i0, M, JI, XI j ^ 1^ n^pr^lei^ét^Di^, i^, Vf!, i, tf e* m; M. ftHii»^, ^ I, p. ^5, m, m çt 47|f ; 4Vef4A^ ^Ué^VW»

I^Urea, passim^

quait exactement les devoirs de la religion et qu'il mourut dans ses croyances ^ Nous possédons la preuve directe qu*il avait employé ses facultés à se la rendre propre sous une forme philosophique. A une certaine époque de sa vie , probablement en 1622, il écrivit en anglais une profession de foi développée qui est singulièrement remarquable. C'est une expo* sition raisonnée d*un protestantisme orthodoxe et presque catholique*. Les idées chrétiennes y sont traduites sous une forme aussi rationnelle qu'il est possible de le faire sans les altérer. Rien n'est outré, rien n'est atténué. Le mystère y est rendu intelligible jusqu'au point où il cesserait d'être un mystère. On ne voit nulle raison de supposer que cette pièce, qu'il ne publia pas, ne fût point l'expression sincère de sa conviction. Ce n'est pas une adhésion verbale à un pur formulaire, mais la déduction d'une croyance réfléchie, et, suivant nous, un monument des plus propres à frapper les esprits les moins dociles à toute inspiration chrétienne.

Il importe, pour la suite de l'histoire des opinions philosophiquement religieuses en Angleterre, de constater, sur quelques points précis du dogme, la pensée personnelle de Bacon. La réformation anglicane a sans doute produit autant d'exemples de foi vive et de piété sincère que les autres formes du christia-

* NobilUs. auetor, vit. XX ; Bouillel, 1. 1, p. LXXXHI.

• Worhi, t. Il, p. iSl ; Boaillet, t. lU, p. 478. « l\ serait difficile d*y trouver quelque article qui ne pût être avoué par un théologien de rËglise romaine. > Émery, ouvrage cité, dise, prél., p. XLVu

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