‹ Bacon, sa vie, sons temps, sa philosophieChapitre 67 sur 112 · CHAP. I. —SES DIVERS OUVRAGES · texte numérisé non relu

CHAP. I. —SES DIVERS OUVRAGES

M. Macaulay, ce que Bacon a fait de mieux *. Il se divise en deux sections : Tune sur les sources et les formes de Terreur dans les sciences^ l'autre qui contient les prolégomènes de la méthode destinée à délivrer les sciences des chaînes de Terreur* Le second Uvre, qui devait donner cette méthode ou les règles de Tart d'interpréter la nature, n'en offre que l'exposition générale, une application à titre d'exemple, puis, des neuf parties dont cet art devait se composer, la première seulement ou celle qui traite de Tautoritédes faits, prœrogaiivœ instaniiarum^l^ reste est, ou peu s'en faut, un simple programme.

n en est de même à peu près des quatre dernières parties de T/7t^^attra/to, recomposées avec des fragments. ,

Sous le titre dé Phénomènes de l'univers ou His-toire naturelle et expérimentale pour servir de fondement à la philosophie^ la troisième partie ne contient qu'une préface et des tables d'histoire naturelle tant générale que spéciale. Mais ces forêts de la nature^ qu'annonçait Bacon*, s'y chercheraient en vain.

La quatrième, sous le titre d'Échelle de Fentendement^ contient aussi une préface sur le but et les pro-

rcrt^SM.,t. m, p. 144.

« Sylvas natur». Inst. pars IV ( t. H, p. 297). — La Sylva syltarum n*était que la pépinière des forêts, c'est-à-dire un répertoire sans limites et toujours oiiTert où devaient être recueillis tons les faits destinés à constituer la Sylva naturx , ou rhistoire générale et régulière de la nature. Cette seconde partie, Bacon écrit au père Fulgence qu'il Tavait préparée, et Rawley dit, dans la préface de la Sylva sylvarum, qu'elle était prête. ( T. II, p. VI, et t. m, p. »5i .)

166 ANALYSE DE LA PHtLOSO^HIE DE 6AOON.

cédés (le la scieiice. Deux eMmples, k Fît du hby^ rinihe ou rechercher sur te mouvement, et la Tap^jtuÊ ou le mod^e de recherctes sur la ïotniëre, sont pti^ sentes comme dfts échelons pdf lesquels Ventendement monte à la science.

La cinquième^ Prodromes ou AniMpù^i^nê de fu phHùsophié M^cmdê^ ne renferme qu'une préfaM qui annonçait le recueil de tout ce qu'on pouvait emprunt ter aux anciennes méthodes à titre de connaissances provisoires. C'était, dit Bacon^ payer un intérêt avant le remboursement du capital*. Mais ce recueil n'existe plus.

La sixième partie enfin, couronnement de Idut l'ouvrage, devait oftir la philosophie netondê ou Ai science active , c'est-à-dire la philosophie 30U8 sa den)ière forme, la science telle qu'elle doit Hre pour agir sur les destinées de l'humanité; C'était le r^ sumé de toutes les recherches, le fruit de tous les travaux, le produit de toutes les méthodes , la philosophie définitive en un mot. Mais 6acon s'est tonjours borné à la promettre.

Au reste , leût-il prolongé sa vie et mis ta dcaniire main i son monument^ l'ordonnance en pourrait être plus symétrique, les proportions mieux gardées, mais je doute qu'en pénétrant dans rintérieur, on y eût trouvé un beaucoup plus riche trésor d*idées et de connaissances. Dans la voie où il ét^t enga^, au point où les sciences ea étaient encore, il r« pouvait ajouter beaucoup à la philosophie telle qu'il nous l'a

1 Instaur., Disl, oper,, u 1»^. 40>

bissée, ni nous en apprendre beaucoup plm qu'il ne lums ^ a dit. -r^ Hais c'est le moment de le re^itt après faii.

Les t^istoriens de la philosophie ont anidysé celle de Baomi , et tous en ont fid^ment reproduit Tesprit général. Braeker, qui reste leur muitre, au moins pour l'érudition, est exact , encore qu'nn jpeu bref, touchant celui qu'il appelle le père de la philosophie éclectique'. Ses successeurs n'pnt pa«i beaucoup ajiMité à ce qu'il nous apprend. Presque tous Allemands, c'est-à-dire spéculatif^, ils n'ont pu payer un large tribut d'attention au créateur de la théoqe de l'expérience. En lui décernant quelques louanges banales, ils ont en général peu insisté sur les mérites du premier des promoteurs de l'empirisme, jusqu'au Jour encore récent où, du scindes témérités mêmes de l'extrême spéculation, une philosophie empirique est sortie, non c^omme une réaction, mais, chose étrange , comme. une conséquence dernière du mouvement germanique. Nous aurons à nous occuper de ce lointain résultat de l'impulsion donnée par le baconismei, quand nous en suivrons le cours historique. Mais ici, jaloux seulement d'esquisser la doctrine dans son ensemble, nous ne pouvons, en reconnaissant tout le mérite des diverses expositions qui ont précédé la nôtre, y renvoyer tout simplement nos lecteurs ^. Il nous semble qu'il

> Magno VeruUmîo vero eclecticae philosophise parente, Hist, dit, phil.f 1. 1, c. I, § 4. Voyez, sur Bacon, toat le chapitre IV, p. 90-i06 du t. IV, pars ait , de Tédit. de 1766.

« Buhle, t. n, part. H, ch. V, p. 841-825, de la trad., Tenne-

y aurait moyen de donner une idée plus vraie encore et plus vive du génie de Bacon (;^1 qu'il est exprimé dans son système , et, au lieu de faire abstraction du philosophe dans le tableau de sa philosophie, de la personnifier en quelque sorte en la montrant avec quelques-unes de ses formes et de ses couleurs, et en faisant, s'il se peut, parler Bacon.

matnn, Gesch, der Phil., t. X, part. VII, sect. I, § 1, p. 7-53; Ritter, Christ. Phil. , t. VI, 1. V, ch. I, p. 309-387. —La'plus exacte et la plas substantielle analyse de la philosophie de Bacon est peut-être dans la préface générale de Téditioa de 1857, par M. Ellls, t. I, p. 21.

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