‹ Bacon, sa vie, sons temps, sa philosophieChapitre 9 sur 112 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

« sespas-, le sot se détourne pour aller de biais. » Aussi révoque de Ross, qui était un observateur pénétrant, disait-il de lui qu'on ne pouvait le gagner par des paroles, et qu'il était impossible d'en venir à bout, parce qu'il n'offrait pas de prise ; et la reinemère de France, princesse très-politique, remarquait qu'il aurait dû siéger dans le conseil d'Espagne, parce qu'il dédaignait les incidents et en restait toujours au point de départ. » Son illustre fils est loin d'avoir mérité les mêmes éloges.

On a remarqué que jamais les femmes d'un haut rang en Angleterre n'ont été plus distinguées par l'instruction et le goût des lettres qu'à la fin du règne de Henri VIII et à la cour d'Edouard VI. Lady Jane Grey se consolait des ennuis de sa mélancolique jeunesse, en lisant le Phédon dans l'original. La princesse Elisabeth parlait plusieurs langues , et s'entretenait en grec avec son maître , Roger Ascham. Les cinq filles de sir Anthony Cooke *, un des précepteurs du roi Edouard , la passaient encore en savoir. L'aînée, qu'on mettait au premier rang après Jane Grey, Mildred, avait épousé V^^illiam Cecil , qui, connu plus tard sous le nom de Burleigh ^, demeura quarante

* De Gyddy Hall, Essex, mort le 11 juin 1576, enterré à Rumford, avec inscriptions grecque, anglaise et latine.

» L*orttaograpbe ancienne est Burgbley, et elle a été reprise. Le marquis d*Exeter, qui représente aujourd*bui la famille, prend, parmi ses titres, celui de lord Burgbley» et c'est ainsi que M. Nares a écrit ce nom dans ses mémoires sur la vie du ministre d*Élisabetb , publiés en 1828-1832. Nous avons suivi Vusage et Texemple de M. Macaulay dans son essai sur Burleigb et son temps.

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on§ gQprétoÎFe 4'Ét4t PU Iqrd tréwjrjpf, pr^mief mU niitre d'ui? gmp<} v^m qui dut )}eiiu(u)up i i» p^r ge^se, Anna, iceur d^ l^y Burjcigh , fut 1» secoodu femmû da lir Nico}cMi Qaçpp, dou( ella eut deu)^ Qls, Anthony et Francis '. fAla éprivai^ «n grec, ^v^it I4 théologie, pa^f^ait pour dévouée au plus pur protêt tantisw^, et ^radui^ait cependant le* sptopus de Ber«r nard Ocbin , un des première d^ cette *epte d'origine Italienne à laquelle Lélie et l^^auste Sociu ont donné leur nom. Il est rare que l^ liberté de penser en matière de religiou n'ait ppint pénétré par quelque endroit dans l'éducation def philosophes modernes,

Prancii Bai^on était pé la 32 janvier 1561 , ^ Vork House, résidence de *on père à Londres, dans h Strand, nou loin de Chwmg Cross S Pélic4 et mal*»-

^ H D*e\isle pas de descendants du nom de sir Nicolas. Sa première femme, JaneFernIey, lai donna cinq enfants. L*afné, Nioolas, eut ud 0)$^ air Ednvqqd, mori snoa poatérité en 1G48, cl connu par une seule lettre adressée à spo oncle le cliaqcelier. Les deux autres, Nathaniel et Edouard, n'eurent que des allés. Les deux fils de la seconde femme ne paraissent pas avoir ea d enfant. ( Worfa, t, VI, p. 150. Sfrype, ^nn, çf ihe /J^/ffWi t II,p. 210, éd. d'Oxford, 1824)

• Pierre Martyr avait àài\ïé k sir Anthony Cooke son commentaire de rÉpître aux Romains. Slrype n'iiésite pas à atlri- |)uer to veraloa da vingt-^inq «#rmoi)» &Qefiin , (réduit» par A. C. GefiHewommfif k }9dy Gacoo, qui avai( ^gatomei)^ iradvH du (âtin Tapplogi^ de T^gllse d'Angleterre, par Vé\èquQ jowell. (fMf, eiE0cle$iaUf memr,, l, U, p. 413, éd. d'Oxf,, |82î; 4 Woodâthen^Oxonr, éd. i4e Oliss, Lond*i 4913, ^ I, p. ^94.)

' Ceue maison , autrefois Korwjd^i-House, changea de non) quan4 la reine M^rie la dopna p U^aib, arçhevôqi^e d'Vorlt» loqil4 j'IiaMU comme cb^ppelier, pill» depoeura pendant pi| tpmj»s la résidence de ses successeurs Nicolas Bacon, g|pr(oi)| Iprtl

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dif 9 il parut 4e bonne heure intelligent; et purieu)^. Les phénomènes de la nature attiraient surtout son attention. On disait qu'il avait Fesprit de $a poère. Il plut à la reine Elisabeth, lorsque, dans une des visites qu'elle fit à son garde des sceaux, h Redgrave ou à Goriiaoîbury *, on lui an>ena le jeune Frank en che^ veux bouclés. Elle le questionna beaucoup, en Tapper lant son petit hrd hep^r. Mais elle ^e devait plus tard garder de cette parole aucun souvenir» et elle ne fit point la fortune de Bacon.

A treize i^is, le 16 juin i573, il entra a TUniversité de Cambridge et il étudia au collège de la Trinité, sous John Wlutgift, qui en était supérieur, et qui fut par la suite primat d'Angleterre, plus renommé pour son savoir que pour ses lumières ou s^ tolérance. Il quitta Cambridge à sei^ ans, sans y avoir pris ses degrés, mal satisfait du cours d'études qu'on y suir vait, et n'ayant puisé, dans ce qu'on lui enseignait de la philosophie d'AristQte, qu'un dédain précoce pour les leçons et pour le maître. On dit qu'il rêva dès lors une rénovation Hm scien^^es» Pescart^s aussi

Bacon, jusqu'à ce qu'elle fût comprise dans Vbôtel de Buckingliam. Elle avait une façade sur le Strand et une autre sur la Tamise, Pans les constructions encoro oonnnéas Vork Buildings, il y a une maison, occupée p9r des papetiers Ubraires, Varty et Owen, au coin de Villiers-street, et dans laquelle il subsiste, dit-on, une partie d'une cave du temps de Bacon. {Voir les des- NOS dans Old JSnghnd, a pietorkU mu9eumy n* 1857.)

1 Redgrave Hall était un domaine situé près de Botesdale, en Suffolk, et provenant de conGscations , suivant lord Campbell. Gorbambury, près St. Aibans, Hertford, étqit une résidence ornée dont les ruines exlsien|, encore dans le n^rc de lord Ve-r

passe pour avoir, dès le collège, songé à réformer Tesprit humain.

En ce temps-là déjà, un voyage sur le continent était regardé comme le complément de Téducation d'un Anglais de bonne maison. Bacon visita Paris et une partie de la France ^ cinq ans après la Saint-Barthélémy. C'était une de ces époques de guerre civile européenne où chacun, retrouvant en toute région les mômes partis, ne se sent nulle part étranger. L'occasion était favorable pour observer le monde politique, et le jeune voyageur, qui était recommandé à l'ambassadeur d'Angleterre , sir Amyas Paulet, fut employé un moment sous ses ordres. C'est apparemment cette courte excursion dans la diplomatie qui le conduisit à inventer un chiffre auquel il attachait plus tard assez d'importance pour l'insérer dans son grand ouvrage philosophique *. Il fit mieux de profiter de sa position pour recueillir sur l'état de l'Europe les notes qu'on trouve dans ses ouvrages. Il s'y montre assez bien instruit du caractère des princes et de la situation de leurs finances^. « Henri m, dit-il, a trente ans, une constitution faible, toute sorte d'infirmités -, livré avec excès à ses plaisirs déréglés , n'ayant de goût que la danse, les fêtes. .. Pas grand esprit, mais une tenue agréable, et faisant bien son personnage... Abhorrant la guerre et toute espèce d'action, il travaille pourtant, sans manquer un

< Inventum... qaod certe, qaum adolesceotuli essemus Parisiis, excogitavimus, nec etiam adbac visa nobis res digna est quœ pereat. ( De Augmentïs, l. VI, c. I; t. I, p. 290.)

* Of thc itatc of Europe y Works, t. Ul, p. 3.

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