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CHAPITRE PREMIER

Les germes bactériens de l’atmosphère des pharmacies susceptibles de polluer les médicaments.

Avant d'entreprendre la numération des microbes souillant les poudres médicamenteuses, j'ai voulu me rendre un-compte approximatif du nombre de germes tenus en suspension, à un.moment donné, dans l’atmosphère d’une pharmacie. Dans ce but, voici les expériences que j'ai instituées.

Au mois de juin, par un temps chaud et sec, dans une pharmacie nancéienne très bien tenue, quatre boîtes de PÉTRI contenant du bouillon gélosé à 10 %, sont exposées ouvertes, en quatre endroits différents de l’officine, sur les tables à préparations et pendant une heure. Ces boîtes sont ensuite mises à l’étuve à la température de 37°. Après trente-six heures, j’ai constaté dans chaque boîte la présence d'un nombre considérable de colonies :

4" boîte : 386; 2* boîte : 426; 3° boîte : 544; 4° boîte : 462.

RQ LR

Ainsi, tout récipient ouvert est inévitablement exposé à une pollution dont le degré et la nature seuls sont variables.

J'ai eu l’idée de rechercher dans les poussières de la même pharmacie, les germes anaérobies pathogènes, dans la pensée d’y trouver le bacille tétanique.

Je prélève deux ou trois grammes de poussière sur les rayons de l’officine pour les mettre en suspension dans 16 cm° d’eau physiologique stérile. Le mélange est, suivant le procédé de PASTEUR, fortement agité, puis porté à la température de 90° pendant quinze minutes. Après deux ou trois minutes de repos, six tubes de gélose de VEILLON sont ensemencés chacun avec dix gouttes de l’eau de lavage décantée; puis ces tubes sont abandonnés à la température de 37° pendant cinq jours.

Je constate alors que deux tubes restent stériles, trois autres présentent chacun une colonie, et le dernier deux. Les cinq colonies se développent dans la partie profonde de la gélose. Quatre paraissent être de même nature. La masse de gélose est disloquée par les gaz qui dégagent une odeur fétide. | |

Ces colonies sont formées de bacilles qui, mis en suspension dans 1 cm‘ d’eau physiologique, sont injectés dans le péritoine d’un cobaye dont la mort survientau bout de quatorze heures. L'animal présente un abdomen gonflé; à l’incision, il se dégage des gaz à odeur putride, le sang est noir, on ne remarque aucun foyer d'infection, les organes n’ont aucune lésior appréciable à l'œil, on retrouve dans le liquide péritonéal le bacille injecté. Les éléments jeunes du bacille se colorent par les couleurs d'aniline et prennent le GRAM; les éléments en voie de dégénérescence, à spores ovoides, se colorent par le ZIEHL,

Cette bactérie, par ses caractères morphologiques et biologiques peut être rapportée au B. septicus de Pas- TEUR.

La cinquième colonie est constituée par des bacilles longs et grêles, présentant des formes filamenteuses. Des spores sphériques se forment à l’extrémité des bâtonnets. lesquels alors ressemblent à une épingle à grosse tête. Les éléments jeunes, non sporulés, se colorent par la méthode de GRAM; les éléments sporulés ou en voie de dégénérescence ne se colorent pas par cette méthode.

Un centimètre cube de bouillon-culture de ce bacille est injecté dans le péritoine d’un cobaye qui meurt au bout de vingt-quatre heures, après avoir présenté les Symptômes suivants : douze heures après l'injection, l'animal, qui refuse toute nourriture, est pris de secousses brusques, généralisées et intermittentes, tous les muscles sont contractés, les membres et le cou sont raides.

À l'autopsie, les organes ne présentent aucune lésion macroscopique; on retrouve le même bacille dans le liquide péritonéal; l’animal semble être mort du tétanos.

Méthode générale adoptée pour la numération des bactéries.

Pour l'étude des différentes poudres, j'ai toujours employé la même technique, dans le but d'obtenir des chiffres toujours comparables.

Technique. — Je mesure dans un tube à essai dix centimètres cubes d'eau physiologique, à laquelle j'ajoute deux grammes de poudre à examiner. Le tube est ensuite fermé par un bouchon de caoutchouc (le tube

à essai, son bouchon et l’eau physiologique ont été au

préalable soigneusement stérilisés). Le tout est agité pendant cinq minutes, pour que toutes les parcelles de poudre prennent bien contact avec le liquide, et que les bactéries ou leurs formes de résistance, déposées sur les divers éléments, soient libérées. Le tube est laissé ensuite au repos pendant deux ou trois minutes; les parcelles lourdes tombent au fond du tube, les autres gagnent la partie supérieure, et le liquide de séparation, qui esi ordinairement louche, contient en suspension la presque totalité des germes primitivement fixés sur la poudre à examiner. Je dis que, par agitation, la presque tota- Hté et non la totalité des germes est mise en suspension dans le liquide. En effet, j'ai constaté, dans l’étude de la poudre de benjoin, que le culot obtenu, débarrassé par décantation du liquide surnageant, puis agité de nouveau avec dix centimètres cubes d’eau stérile. fournit encore des colonies dont le nombre est environ le 4/10 de celui obtenu dans le premier essai.

Au moven d’une pipette stérilisée de même section que le compte-gouttes normal, je prélève une partie du liquide surnageant le culot; puis dix gouttes de ce liquide sont ensemencées dans une boîte de PÉTRI contenant du bouillon gélosé à 10 %. Ces dix gouttes de liquide correspondent à 0 gr. 50 d'eau physioïogique, soit à dix centigrammes de poudre examinée.

Numération des colonies microbiennes dans deux séries de médicaments d’origines différentes.

Parmi les médicaments que j'ai étudiés figurent : 1° Des corps antiseptiques; ce sont : iodoforme, der: matol, orthoforme, aristol, naphtol, acide salicylique,

salol, samphre, peroxyde de zinc, oxyde de zinc, iodure de plomb, acide borique, chlorhydrate de cocaïne, chaux vive, hypochlorite de chaux titrant 70° chlorométriques. bi-iodure de mercure, proto-iodure de mercure, oxyde Jaune de mecure, oxyde rouge de mercure, turbith minéral, bichlorure de mercure, essence d’eucalyptus, poudre de LUCAS-CHAMPIONNIÈRE, poudre de VINCENT titrant 7° chlorométriques ;.

2° Des Corps pouvant entrer dans la composition @e poudres antiseptiques composées; ce sont : antipyrine, poudre de quinquina, poudre de benjoin, charbon végétal, carbonate de magnésie, carbonate de bismuth, carbonate de chaux, bicarbonate de soude, magnésie calcinée, soufre sublimé, soufre précipité, chaux éteinte:

3° Des corps dont on attend plutôt un rôle mécanique que thérapeutique; ce sont : savon officinal, lycopode. fécule, amidon, tale.

Les produits que j'ai employés proviennent d’une pharmacie de la ville et d’un laboratoire de l’Ecole supérieure de Pharmacie. Suivant leur origine, ces échantillons m'ont servi à ensemencer deux boîtes de gélose à raison de dix centigrammes de produit par boîte. J'expose les résultats dans le tableau ci-dessous, les échantillons étant classés dans l’ordre suivant : médicaments organiques, poudres végétales, médicaments chimiques et poudres composées :

1° boite, 8 colonies, 2e boîte, 6 colonies.

4": boîte, 121 colonies.

2e boîte, 90 colonies.

le PROVENANCE

Iodoforme.......... d / 22 PROVENANCE \

4"° boite, 3 colonies.

2e boite, 2 colonies.

1" boite, 128 colonies.

2e boîte, 143 colonies.

Dermatol:.... .:::,

de 1'e PROVENANCE... | 22 PROVENANCE. |

1re Ôrthoforme.........

[2 \ \ re ArTigtol.. Mere ; l> \ 1'e Antipyrine.......... 92e re Naphtol ere...

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