PREFACE V
Dom Louis-Mayeul Chaudon, qui avait été bénédictin, avant de quitter son couvent pour suivre la carrière des lettres, connaissait sans doute l'abbé Coyer, auquel il a consacré une bonne notice dans le Nouveau Dictionnaire historique, qu'il faisait reiniprinicr en i8o3. Voici ce quil dit des Bagatelles MORALES : ii II y a de la légèreté, de la finesse, de l'agrément dans quelques pièces de ce recueil ; mais, Vironie étant la figure favorite de l'auteur, le ton en est monotone, et les plaisanteries sont amenées quelquefois de trop loin. On voyait dans les écrits de l'abbé Coyer, comme dans sa conversation, un effort continuel pour être agréable : c'est le plus sur moyen de ne pas l'être ou de ne l'être pas longtemps. » Weiss s'est rangé à Vavis du P. Chaudon, dans un excellent article de la Biographie univeiiselle, de Michaud ; nous ne pouvons mieux faire que d'accepter le jugement de ce savant et judicieux biographe de l'abbé Coyer. « Il se fit d'abord connaître par de petites brochures, dit Weiss, écrites avec légèreté et finesse, et qui, sous l'apparence de la frivolité, contenaient de sages leçons. Ces brochures, recueillies sous le nom de Bagatelles morales, furent jugées, lorsqu'elles parurent, avec un enthousiasme qu elles étaient loin de mériter, et, peu après, critiquées avec une amertume non moins déplacée. L'abbé Coyer n'était ni un penseur profond, ni un grand écrivain, mais il avait l'esprit orné. Son style, déparé par