VI PREFACE
trop de néologismes, est facile et agréable; il saisit assez bien les ridicules et les rend quelquefois d'une manière piquante. Sa manière n'est pas celle des niait r es ; ses tableaux sont petits et sa touche est mesquine ; il amuse plus qu'il n'instruit, mais enfin il amuse. »
L'abbé Coyer n'en est pas moins un observateur très perspicace, un satirique très délicat, un moraliste très ingénieux, un écrivain très original. Son recueil des Bagatelles morales a passé longtemps pour un chef-d'œuvre. C'est du nioins un petit chef-d'œuvre, qui, après avoir eu la plus grande vogue, est maintenant presque inconnu. Nous ne le réimprimons pas en son entier, d'autant plus que l'auteur l'avait augmenté de telle sorte qu'il dut en faire deux volumes, au lieu d'un. On atténue, d'ailleurs, les défauts d'un ouvrage que l'on réduit de moitié.
Gabriel-François Coyer était né à Baume-les- Dames, en Franche-Comté, le i8 novembre 1707. // fit SCS études chez les Jésuites de Porentruy et entra dans la Compagnie de Jés.us, mais il ne tarda pas et en sortir. Il avait le goût des lettres, et il vint à Paris pour donner satisfaction à ce goût dominant, mais il neut pas besoin de vivre de sa plume : il fut chargé de l'éducation du jeune prince de Turenne, depuis duc de Bouillon, et, cette éducation faite, il conserva l'affection et la reconnaissance de son élève, qui lui assura d'honorables moyens d'existence. Ce