‹ Bagatelles moralesChapitre 6 sur 13 · PREFACE VII · texte numérisé non relu

PREFACE VII

fui alors seulement qu'il s'essaya dans les pièces volantes qu'on faisait circuler, sans y mettre son nom, parmi la jeunesse des cafés ^ des théâtres et des promenades publiques. Ces publications facétieuses et satiriques lui rapportèrent beaucoup d'argent, comme le dit Voisenon, mais elles ne le firent pas connaître, parce qu'elles étaient anonymes. Malgré la frivolité de ses écrits^ il aspirait à devenir membre de l'Académie française, et il ne cessa jamais de poursuivre ce but, qui semblait toujours reculer devant lui, à mesure qu'il publiait de nouveaux ouvrages. Son titre et son habit d'abbé ne faisaient pas obstacle à ses relations littéraires, et, s'il ne devint pas membre de V Académie française, il fut plus tard nienibre de C Académie des Arcades de Rome, de la Société royale de Londres et de l'Académie de Nancy.

Il s'était détaché peu à peu de tous ses liens religieux, quoiqu'il fût ordonné prêtre depuis son entrée dans la Compagnie de Jésus, et, à force de fréquenter les philosophes, il avait fini par se regarder comnie un des leurs; mais cependant il n'alla jamais jusqu'au scepticisme et à l incrédulité en matière de religion, comme le prouve sa Lettre au Père Berthier SUR LE Matérialisme (1759), dans laquelle il s'efforce de défendre Voltaire et d'autres écrivains célèbres, quon accusait d'être matérialistes. Son Histoire de Jean Sobieski, roi de Pologne (1761), lui causa des désagréments et motiva même une espèce de per-

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