‹ Bagnes, prisons et criminels (volume 2)Chapitre 28 sur 45 · SAINT-QUENTIN · texte numérisé non relu

SAINT-QUENTIN

Avant de visiter la prison , j'avais parcouru les salles de l'hôpital , et je n'avais eu qu'à me louer de leur belle tenue et de leur excessive propreté. Mais quels ne furent pas mes regrets à l'impression si différente que prodi^isit sur moi l'aspect de cette maison de détention ! Les piisonniers y sont on ne peut plus mal. ha construction de la prison se refuse à toute améliors^tioQ sanitaire. Les croisées sont petites j les bâtimens très rapprochés , les murs sales, les cours étouffées; les cachots surtout sont abominables : pour y arriver , il faut descendre dans une cave, et de là, descendre encore plus de vingt marches. On conçoit qu'il n'y a aucune communication d'air, et par conséquent combien l'humidité est grande. Aussi le concierge m'a avoué qu'il croirait manquer à sa conscience, d'y enfermer des malheu-

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reiix. Cependant il n'est pas toujours le maître, et quand Tordre est donné, il faut bien l'exécuter. Je suis certain que si les individus qui signent ces ordres se rendaient une fois dans ce triste souterrain , ils n'oseraient jamais y plonger un homme, quel que fût son crime. Là, ciqinme dans les autres prisons , ' les délits, les préventions et les crimes sont mêlés; des enfans couchent sur la même paille que les galériens ; les détenus pour dettes, avec les voleurs; tout est confondu; et bien souvent un jeune enfant arrêté pour contrebande sortira dans l'intention de mettre à profit les leçons qu'il aura reçues du forçat : ainsi le tribunal correctionnel aura prononcé une condamnation qui renverra, après l'expiration de la peine, le même individu devant une cour d'assises. Nous reviendrons sur cet' inconvénient aux considérations générales que nous nous proposons de présenter à la suite de cet ouvrage.

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