CAMBRAIT
Ce que je viens de dire de la prison de Saint- Quentin n'est pas suffisant pour donner une
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juste idée du désordre , de la malpropreté qui régnent dans cette maison. Le pain^ seule nourrUure des détenus, est affreux. L'humidité naturelle du bâtiment est encore augmentée par l'eau continuellement jetée dans les chambres. Quinze ou vingt hommes couchent à terre, sur de la paille, qui, n'étant pas renouvelée assez souvent , est presque toujours mouillée et -devient en peu de temps un vrai fumier. La cantine offre un lieu de débauche aux détenus qui ont de l'argent ; ils continuent à s'enivrer, et reviennent ensuite se coucher pour se livrer à des excès encore plus dégoùtans. J'ai vu trois soldats, détenus pour avoir dépassé leur permission , qui se promenaient toute la journée dans la cour, pour ne pas faire société avec les autres prisonniers. L'indiscipline, l'indécence la plus complète, font de cette réunion de malheureux un spectacle bien affligeant , et dont j'ai été vivement ému. Tous les crimes s'y trou» vent réunis, et forment un ensemble abominable et bien pernicieux pour les jeunes gens qui doivent habiter avec de semblables com* pagnons d'infortune.
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