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minei avait des momeiis de fureur qui ne permettaient plus de lui parler sans crainte d'être ^frappé.
■' Lorsque je lui adressai la parole, il parut êtpnné; mais ensuite il médit avec tranquillité: « Mon maître me traitait mal, je Tai tué avec une hache pour m'en débarrasser. »
Voulant m'assurer de l'état de ce- crimind , j'ajoutai : « Êtes-vous fâché de vous entretenir avec moi? — Non, pourvu que vous ne me tourmentiez pas. » J'ai cru lire dans ses yeux que toute autre question pourrait bien l'im* portuner, et je me retirai.
VAUCOULEimS.
C'est dans une vieille maiscm servant de caserne à la gendarinierieque se trouve la prison de Vaucouleurs* A l'époque de ma visite , les détenus rendaient tous de la- concierge les témoignages les plus flattetirs. En effet, cette brave femme étart éxtelle&te pour eu:£ , ^ ne iiéjgligeait rien de ee ; qui pou vait rendre leur pôàltion plus ^stfpporta*>le.» Son élogetétait écrit Sur tdus>tes aïurs de là m^tison par ks thfih^ù-
reux prisonniers qui, en partant pour d'autres destinations , montraieM leis plus vifs regrets d*être à l'avenir privés de ses soins et de ses consolations. La chambre destinée aux hommes n'est pa^ mal située, mais celle des prisonnières est affreuse.
En quittant Vaucouleurs, je voulus passer par le petit village de Domremy. Cet endroit, célèbre par la naissance de Jeanne d'Arc, offre au voyageur dès souvenirs pleins d'intérêt : on s'empresse dfe demander où se trouve la maison qu'habita l'illustre villageoise! On apprend alors que Louis XVIII , pour perpé tu er utilement la mémoire de Jeanne d'Arc, avait ordonné la construction d'une école d'enseignement mutuel pour les jeunes filles de Domremy. Ge monument , vraiment digne de sa destination, à cependant été élevé assez maladroitémeasit devant la maison gothique où naquit la guerrière courageuse; eta sorte qu'aujourd'hui cette habitation est masquée par lé bâtiment dePécote. Cette institution, supprimée par l'influence des jésuites sèus la restauràtoin, est saris doute rétablie atijou^d^'htli.
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NBVFGHATEAU.
Le bâtiment de cette prison est bien situé.
Les chambres sont saines; mais il est fâcheux de n'y pas trouver de lits de camp pour les détenus, car la paille sur laquelle ils couchent se conserverait beaucoup mieux si elle n'était pas! à terre, et continuellement foulée aux pieds.
Les cachots sont, en général, malsains. J'ai remarqué qu'il en existait un totalement privé d'air. A une chaîne d'environ deux pieds de long est attaché un gros anneau de fer qui s'ouvre en deux poup^être mis au cou du con-^ damné placé dans cet ajBFreux souterrain. Ainsi le malheureux, que cette chaîne retient presque toujours assis, ne peut sortir, sous aucun prétexte ; il est obligé , pendant vingt-quatre heures (puisqu'on ne le visite qu'une fois par jour), de boire, manger, dormir, etc., dans un espace d'environ dix pieds carrés : ce cachot est d'une humidité extrême , qu'augmente encore le manque total d'air* Il est vrai que l'on s'en sert rarement; mais n'en ferait-on usage qu'une fois par an , ce serait encore trop.
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Les prisonniers sont aussi privés , durant la plus grande partie delà journée, de se promener dan^ les cours; et, puisqu'ils ne travaillent pas, je ne conçois pas Futilité de leur retrancher la Hberté dont ils peuvent jouir sans danger. Du reste les hommes sont séparés des femmes, et la nourriture est conforme aux règlemens.
Parmi les détenus j'ai remarqué un jeune homme qui mérite une mention toute particulière. Prussien d'origine , et luthérien , ce prisonnier vivait depuis plus de trois ans à Landaville, petit village, où M. May, Israélite bienfaisant , l'occupait en qualité de conducteur de voitures.. La • conduite de cet homme n'avait jamais donné liçu à aucune plainte. Il vivait tranquille, et désirant épou^jer une paysainne catholique, le curé parut disposé à bénir leuj* union, pourvu que le luthérien embrassât notre religion:: à cet effet il avait déjà eu plusieurs conférences avec cet ecclésiastique sur les avantages de la religion catholique ; mais ne trouvant pas les raisons du curé suffisantes pour abandonner le culte de ses pères, il renonça à l'idée de se convertir. Le curé, peu 3atisfait de cette résolution, menaça le lu thé-
riea, et, sur la demande da maire de Landaville, Ackermann fut arrêté chez ce niagistrat par des gendarmes qui l'amenèrent à la prison de Neufchàteau. Là, ce malheureuiL pleura amèrement, en réclamant contre une mesure aussi, extraordinaire. Le mandat d'arrêt accusait Ackern^ann de vagabondage, lui qui, dès sa jeu* nesse, avait servi dans les rangs de notre vieille armée, et, revenu des c£imps, avait adopté la France pour sa nouvelle patrie ; lui qui n'avait jamais provoqué aucune mesure de l'autorité, et à. qw le maire de Landaville luinmême avait donné plusieurs certificats de vie et moeurs irréprocl^ables; et c'çst après trois ans de séjour paisible dans sa commune, ou il gagnait deux et trois francs par jour^ qu'un mandat d*arrét, délivré par le prociireur du roi d'aiors, d'après la de-^ mande du maire, arrachait à ses travaux un ou* vrier honnête! Les dignes magistrats du tribunal de Neufchâteaû, devinant l'origine de cet acte arbitraire, s'empressèrent de dédarer qu'il n'y avait pas lieu à suivre contre Ackermann, et ordonnèrent qu'il fût de suite mis en liberté. L'affaire en était là, lorsque le remplaçant de M. le sous-préfet^ qui était absent^ exigea que
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M. May répondît d'AckermsÉnn,: poiur qoie Tordannanœ du tribunal^ût son ef£^ ; « cap, di^it;> eet administrateur, je garderai cet homme en prison jusqu'à ce q\\e M. le préfet ksm connaître s'il ne s'oppose pasà son sé^pur dans ce département , et si monseigneur le ministre de Fint^eur n'ordonne pas de le faire reconduire, par la genflarmerie , sur les fronti^es. »
Cette anecdote,: qui s'est passée sous la restauration^ nous exempte de tout commentaire sur les abus dont on était chaque jour témoin à cette époqtie. Puisse ladministration d'aujourd'hui ne pas perdre de vue qiie c'est par de semblables persécutions qu'un pouvoir perd l'autorité morale qui lui est indispensable pour faire le bien et empêcher le mal.
Je ne dois pas oublier, à l'occasion de la prion de Neufchâteau^ de mentionner honorablement la conduite du sieur Hennequin , perruquier des prisonniers. Cet homme, depuis ving^cillq ans, se rend gratuitement à la mais<m d'arrêt pour donner ses soins aux détenus. Avant lui, son père a rendu le même service pendant trente-cinq ans; en sorte que, depuis soixante ans, ces braves gens n'ont point cessé d'être utiles aux prisonniers.
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Hennequm ne borne pas là sa charité : il court souvent chez des personnes sensibles pour leur demander quelques secours pour les malheureux qu'il voit à la maison de détention, S'il ne fait pas sa bonne mois^nj ii prend ses modiques épargnes , et les détenus reçoivent des secours dont ils ne connaissent mémejaînais la respectable source. Le conseil des prisons de Neufchâteau a fait cadeau à Hennequin d^une belle tabatière y pour lui témoigner la sàtisfac-* tion que son zèle inspirait au comité.
En cessant de parler de Neufchâteau , je ne dois pas oublier que le préfet actuel, M. Siméon, a bien voulu me promettre d'accorder toute son attention aux améliorations dont la prison de cette ville est susceptible.