‹ Bailliages de Versailles et de Meudon: les cahiers des paroisses avec commentaires accompagnésChapitre 24 sur 100 · INTRODUCTION. XXV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXV

une arme de cette assertion fantaisiste pour affaiblir l'autorité des cahiers, montrent qu'ils n'ont pas étudié ou lu assez attentivement ces cahiers sur les originaux; et ne tenant pas compte des milieux où ces cahiers ont été écrits, ils font voir aussi que l'étatdela France en!789 ne leur est pas clairement connu.

En admettant même qu'il ait circulé des modèles de cahiers, répandus à profusion, comme on le prétend, il faudrait en conclure que dans le clergé et la noblesse, tout comme dans le tiers état, la nécessité des réformes était universellement sentie et réclamée ; car, personne ne saurait le nier, il n'est pas un cahier des ordres privilégiés qui ne fasse mention de graves abus à détruire, et qui ne reproduise presque identiquement les plaintes que nous lisons dans les cahiers du tiers (1). Enfin est-ce que la lettre du roi n'invitait pas tous les sujets à signaler les maux dont on voudrait nier aujourd'hui l'existence ?

D'ailleurs le terme cahier n'était pas nouveau pour nos pères du tiers état, non qu'ils eussent connaissance des cahiers des anciens Etats généraux, même de ceux de 1614, la chose était inconnue pour eux ; et ces cahiers, s'ils existaient, n'étaient pas dans toutes les mains, ils pourrissaient dans la poussière de quelques bibliothèques. Ne sait-on pas que le gouvernement luimême avait perdu la tradidion sur les Etats généraux? En 1788, en effet, une ordonnance invita à faire des

(1) Nous donnerons quelques cahiers de curés, à la fin de ce volume : ce sera la meilleure réfutation de certaines affirmations trop superficielles.

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