‹ Bailliages de Versailles et de Meudon: les cahiers des paroisses avec commentaires accompagnésChapitre 27 sur 100 · XXVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXVIII INTRODUCTION

paré le peuple à connaître et à revendiquer ses droits; ces mots se rencontrent souvent dans les cahiers du clergé et de la noblesse.

Or, quand même le bailli de Versailles eût convoqué les électeurs au mois de mars, comme cela se fit partout ailleurs, au lieu d'attendre le 12 avril, les .cahiers n'en eussent pas moins été rédigés tels que nous allons les lire.

Du moment où parut la lettre royale du 24 janvier, qui convoquait les Etats généraux pour le 27 avril, à Versailles, il n'y avait plus qu'à tracer le plan du cahier : les différents articles qu'il devait comprendre, n'en trouvait-on pas une abondante matière dans les causes mêmes des doléances ?

Et si nous apercevons dans ces cahiers des points de ressemblance entre eux, songeons que les abus, étant à peu près partout les mêmes, il n'est pas surprenant qu'ils soient signalés presque de la même manière.

On reproche aux cahiers de renfermer des considérations prétentieuses en matière politique. Certaines personnes se sont imaginé que la génération de 1789, j'entends par là les paysans, le gens de labour, n'avait, à cause de sa dégradation* intellectuelle, aucune notion de l'ordre social. Il faut par la pensée se reporter à cette époque. Pendant les mois qui précédèrent les élections, la France entière vécut à l'état fiévreux, jamais crise pareille n'avait agité un grand peuple : on sentait instinctivement qu'il y allait de l'affranchissement ou de la servitude, de la vie ou de la mort. Or, dans ces conditions, les esprits se trempent vite, s'exal-

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