JUGEMENTS DIVERS SUR LA RÉVOLUTION
J'ai cru, avant de passera la lecture des cahiers, que je ne sortirais pas des limites de ce livre en reproduisant quelques opinions sur la Révolution. On a vu, page vi, les appréciations de Guizot et de Cousin ; ici, je laisserai la parole à un historien et à deux députés du tiers état. L'abbé de Montgaillard ne saurait passer pour favorable aux idées de 89. Son histoire n'a ménagé aucun parti, et les acteurs de la Révolution ont été l'objet de ses plus violentes attaques. S'il met une passion extrême dans ses arrêts, il faut songer que, contemporain des événements, il jugeait les hommes et les choses autrement que ceux qui voient à distance.
Malouet, député du tiers état, abandonna bientôt la cause qu'il devait défendre, s'il était convaincu des déclarations qu'il avait faites dans l'assemblée du bailliage de Riom. Quant à Dubois-Crancé, resté fidèle à son mandat, il a écrit, en 1801 , une analyse de la Révolution française, publiée seulement en 1885. On jugera s'il est en contradiction avec les deux premiers.