‹ Bailliages de Versailles et de Meudon: les cahiers des paroisses avec commentaires accompagnésChapitre 33 sur 100 · XXXIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXXIV INTRODUCTION

Opinion de Malouet.

Affligé par des calamités récentes, le peuple français souffre depuis longtemps des vices et des erreurs d'un gouvernement arbitraire, dans lequel la modération du Prince ne suffit pas pour prévenir, ni pour empêcher l'influence tyrannique des richesses, celle du crédit et de l'autorité. Tous les fléaux qu'entraînent à leur suite la cupidité, l'ivresse du pouvoir, l'orgueil de l'ignorance, ont accablé la nation sous le poids des impôts et des abus de tout genre. Le mal était au comble, le caractère national s'effaçait, les ressources étaient épuisées; mais il nous restait un roi généreux, pénétré de retendue de ses devoirs, éclairé sur les désordres dont il gémissait. S. M. a pris le sage parti de nous les dévoiler, et d'appeler la Nation à l'exercice de ses droits...

Nous ne dissimulerons pas que le peuple a plus besoin d'être gouverné et d'être soumis à une autorité protectrice qu'il n'a d'aptitude à gouverner...

La circonstance importante où nous sommes a développé toutes les idées politiques ; une grande masse de lumière s'est révélée autour de nous...

Si la puissance royale est elle-même intéressée à la destruction des abus dont nous avons à nous plaindre, si l'inégale répartition des impôts, les privilèges exclusifs, les usurpations de crédit et de faveur, les écarts de l'autorité, les mesures oppressives du fisc et de ses agents, nuisent de toute part à l'aisance, à la liberté, à l'industrie nationale ; quel ordre dans le royaume, quel Français oserait s'opposer à l'anéantissement de tant de maux ?, . ,

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