‹ Bailliages de Versailles et de Meudon: les cahiers des paroisses avec commentaires accompagnésChapitre 4 sur 100 · VI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VI INTRODUCTION

Il faut se résigner à ces débats, et rien ne doit décourager les hommes qui veulent à tout prix acquitter la dette de la reconnaissance envers la génération quia lutté pour nous.

La meilleure manière d'honorer la mémoire de nos pères, dans cette solennité du Centenaire, n'est-ce pas de revoir ce qu'ils ont dit, ce qu'ils ont fait ? Et pour comprendre sûrement leur pensée et

esprits élevés et moraux ne voient que sa face hideuse. Bien plus, toute révolution porte auprès d'eux la peine de celle-là. Le mot Révolution est devenu pour eux synonyme de crime, folie, désastre. Ils n'accordent à ces secousses volcaniques des sociétés humaines aucun bon principe, aucun bon résultat.

« Je voudrais qu'une expérience fût possible et que, pour un moment, la France se trouvât tout à coup replacée dans l'état où elle était avant 1789. Ce pays, qui supporte tout, ne supporterait pas un moment ce retour; moralement comme matériellement il lui serait odieux et intolérable. Il le serait à ceux-là même qui pensent et parlent le plus mal de la Révolution. Leurs idées, leurs sentiments, leurs intérêts les plus légitimes et les plus intimes seraient à chaque instant contrariés, entravés, froissés.

« Personne ne persuadera à la France qu'elle n'est pas aujourd'hui mieux réglée, mieux gouvernée qu'elle ne l'était avant 1789. Elle se sent, elle se croit, elle a raison de se sentir et de se croire en possession de beaucoup plus de justice envers tous et de bien-être pour tous. La génération qui a possédé la France de 1789 à 1798 n'a pas travaillé et souffert sans fruits.

« Que les adversaires de la Révolution ne s'y trompent pas : quand ils l'attaquent indistinctement, ils ne font que

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