‹ Bailliages de Versailles et de Meudon: les cahiers des paroisses avec commentaires accompagnésChapitre 42 sur 100 · CAHIER DE LA CELLE-SAINT-CLOUD · texte numérisé non relu

CAHIER DE LA CELLE-SAINT-CLOUD

Les syndic, notables et aux autres habitants de la Celle, assemblés le 12 avril i789, en exécution de, etc.

Les habitants de la Celle, pénétrés de la plus vive et de la plus sincère reconnaissance pour toutes les bontés paternelles de S. M. qu'ils ont éprouvées en diverses occasions, s'empressent avec zèle et soumission de répondre à ses ordres, en adressant aux Etats généraux le cahier de leurs doléances, relativement aux maux dont ils sont accablés, soit par les impôts et charges publiques, soit par la disette de vivres, soit enfin par les incommodités locales, et supplient les Etats généraux de les prendre en considération.

1° Les habitants demandent qu'il soit établi, dans leur village, un vicaire afin que les fêtes et dimanches il y ait deux messes; il arrive souvent que, lorsqu'ils y vont tous, ils sont volés pendant leur absence ;

2° Que les fonds à ce nécessaires soient pris sur les biens de l'Eglise, destinés originairement pour le service des pauvres;

3° Que sur les mêmes fonds il soit pris de quoi établir un maître d'école, et lui procurer un logement. L'instruction dans les villages est très nécessaire et tient à la religion ;

4° Que tout ce qui concerne le casuel soit fixé irrévocablement ;

CAtilERS DE 1789. &7

5° Enfin que la reconstruction ou les trop fortes réparations des églises soient portées sur les mêmes fonds ecclésiastiques: les villages déjà chargés d'impôts n'étant pas en état de supporter de pareilles dépenses ;

6° Que les biens vendus et mis aux hypothèques du sceau soient affichés à la porte de l'église et à celle de la juridiction ;

7° Que les droits de contrôle et d'insinuation soient fixés d'une manière invariable, qu'ils ne soient plus arbitraires ;

8° Qu'il ne soit plus permis de retenir dans les prisons un homme sans, dans les 24 heures, en instruire la justice du lieu, et qu'il soit autorisé à donner caution, excepté dans les affaires criminelles ;

9° Enfin, que la forme des procédures, et surtout celles des campagnes, soit réformée et abrégée ;

Que les plus petits procès n'y occupent plus, pendant plusieurs années, ceux qui sont obligés de les soutenir ;

Que les juges soient plus instruits; qu'ils aient des appointements autres que les amendes qui leur en tiennent lieu, et que pour cette raison ils portent au-delà de leurs droits ;

10° La suppression des aides et des droits qu'ils entraînent, principalement le trop bu ;

11° La suppression des tailles de l'industrie, du vingtième, de la capitation, auxquels sera substitué un seul impôt que supporteront les trois ordres, sans distinction ;

12° Suppression de la milice si à charge aux villages, qui n'en versent pas moins leur sang pour la défense de la Patrie, comme ils l'ont fait jusqu'à présent, avec plus de profusion qu'aucun autre ordre, et sans intérêt ;

13° Suppression de la gabelle qui, comme le dit notre bon roi, est déjà jugée ;

15° La suppression des capitaineries, la destruction du gibier dans les champs, et surtout celle du lapin ;

16° Qu'il ne soit plus permis aux gardes d'entrer dans les enclos, à tous les chasseurs de traverser à cheval et avec

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leurs chiens les moissons, de chasser dans les vignes aux approches des vendanges.

Besoins particuliers,

19° Qu'il soit établi une sage-femme instruite et reçue après examen particulier de Saint-Côme. Il n'arrive que trop souvent dans les villages de voir périr, par l'ignorance des sagesfemmes, une infinité de mères de famille, et par là des citoyens utiles à l'Etat; et que leurs droits soient fixés (i) ;

20° Qu'il soit rendu aux habitants de la Celle un chemin qui existait autrefois, et qui, malgré l'opposition des habitants, leur a été enlevé pour agrandir un clos ou parc :

Ce chemin allait de la Celle à Vaucresson et procurait une communication prompte et facile entre les villages de Ville-d'Avray, Marnes, Sèves, Meudon, Clamart, Vanves et Issy ; et de ces mêmes villages avec Saint-Germain et Poissy. Il ne s'agit que d'abattre deux pans de murailles, l'un d'un côté de la Celle, et l'autre du côté de Vaucresson, dans la largeur de quelques toises ;

2t° Il se trouve que les habitants reconnaissent qu'il a été fait des rigoles sur le terroir, qui ne sont d'aucune utilité à S. M., puisqu'elles ne produisent pas une goutte d'eau à la mare des Bruyères ;

Elles occupent et ôtent beaucoup de terrain pour cet effet : ce qui cause un tort considérable aux habitants ;

22° La suppression de la corvée qui devient très onéreuse aux villages ;

Les habitants de la Celle bornent ici l'exposé de leurs doléances, ne voulant pas entrer dans ce qui regarde l'administration, les règlements à faire pour la sûreté des personnes et des propriétés, la stabilité ou le retour des Etats

(1) Aux quatre points cardinaux du royaume, on trouve des plaintes à ce sujet, et quelquefois exprimées plus énergique ment.

généraux, objets sur lesquels ils s'en rapportent à la bonté du roi, et à la prudence de Y Assemblée de la Nation, donnant à cet égard tout pouvoir à leurs députés, s'ils ont le bonheur d'être admis.

P.-L. Maugé, syndic; Jean-Louis Lefèvre, Jean- Claude Fouache, Martial, Pointelet, Le Prince, Pierre Lechaillié, Jean Filliette, Jean-François Gaulard, Jean-François Bissonnet, Gabriel Balduc, François Délaissement, Nicolas Maugé, Jean Laîné.

Le syndic Maugé avait écrit et rédigé le cahier. Les deux députés qui portèrent le cahier furent Maugé, syndic, et Délaissement.

CAHIER DE GUYANCOURT

Les habitants de cette paroisse demandent :

Article i er . — Que tous les impôts soient payés par les trois ordres, sans aucune exception, chacun suivant ses facultés.

Art. 2. — Une môme loi et coutume partout le royaume.

Art. 3. — La suppression entière des aides et gabelles.

Art. 4. — La franchise de toutes les foires et marchés et l'abolition de tous les péages.

Art. 5. — La suppression entière de toute espèce de dîmes en nature.

Art. 6. — Nous prions d'observer que le roi n'est pas seul propriétaire dans son grand parc; en conséquence, tous les propriétaires et cultivateurs demandent une modération sur la quantité du gibier, notamment la destruction du lapin ; diminuer au moins les deux tiers des lièvres, et principalement des chevreuils, qui se multiplient en grand nombre depuis quelques années, ce qui fait un tort très considérable aux récoltes; il y aurait assez de gibier en faisans, perdrix tant grises que rouges, pour préjudicier aux récoltes ; mais la conservation doit en être respectée, comme étant les plaisirs de S. M. ;

CAfilfiRS DE 1780. Qi

Qu'il soit permis à tous les cultivateurs d'aller dans leurs grains jusqu'au 1 er juin, pour y cueillir et nettoyer toutes les mauvaises herbes ;

Qu'il leur soit permis de faucher tous leurs foins, tant prés qu'herbes artificielles, au temps de leur maturité, sans qu'ils soient obligés d'attendre au 24 juin, auquel temps, dans des années de sécheresse, les dits foins sont desséchés et brûlés sur pied ; et dans les années tendres, les dits foins versent et pourrissent sur le champ ; ce qui nous fait récolter du foin d'une mauvaise qualité et très préjudiciable à la santé des bestiaux.

Art. 7. — La destruction des pigeons, comme faisant un tort considérable dans le temps des semences et maturité des grains.

Art. 8. — Que les droits de propriété soient sacrés et inviolables.

Art. 9. — Que la justice soit rendue plus promptement et avec moins de partialité.

Art. H. — Abolir entièrement toutes les corvées de quelque espèce et nature qu'elles soient.

Art. 12. — Que la levée des milices n'ait lieu que dans les cas urgents, et que dans lesdits cas, toutes les villes y contribuent sans aucune exception ni exemption quelconque.

Art. i3. — La suppression des charges des huissiers-priseurs.

Art. 14. — Qu'il ne soit permis à aucun cultivateur d'exploiter plusieurs fermes dans le même pays, en ce qu'un seul cultivateur fait la loi aux habitants, tant pour le prix des comestibles que pour le travail des mercenaires.

Demandes particulières.

On demande qu'il soit distrait 150 arpents de terre des différentes fermes du roi, pour être loués par lots de 4 à

5 arpents, afin de faciliter les paroissiens, et de leur procurer des secours nécessaires pour les aider à vivre.

Qu'il leur soil permis de mener paître leurs bestiaux sur tout le territoire de la paroisse, dans les temps convenables.

Art. 15. — Le peuple demande la diminution du blé, vu la grande misère qui est dans toutes les campagnes ; qu'il lui soit permis d'aller ramasser le bois sec et couper la fougère dans les temps convenables, et qu'il lui soit permis de ramasser les chaumes, à l'issue de la récolle.

Art. 16. — La paroisse a grand besoin d'un vicaire, vu l'éloignement de ses hameaux. Elle a besoin aussi d'un maître et d'une maîtresse d'école pour l'éducation de la jeunesse. Il existe dans cette paroisse un bénéfice simple, nommé la Chapelle de la Vierge, qui a été donné à un prêtre du dehors, estimé 600 livres environ. On désirerait que ce bénéfice fût réuni à la fabrique pour aider à avoir un vicaire.

La paroisse a aussi un extrême besoin d'être pavée, vu que toutes ses sorties sont impraticables.

Art. 17. — Que tous les curés soient obligés de faire toutes les fonctions de leur ministère, sans exiger aucune rétribution.

Art. 18. — Que le délai pour les baux soit prorogé jusqu'à 18 ans, sans être tenu de payer d'autres droits que pour les baux ordinaires.

M. Ivoré. — Saintbelie père. — P. Saintbelie fils. — Lerondeau. — Pluchct. — Lurois. — Mithouard.

— Leblanc. — Chaufray. — Bainville. — Joseph Bossu. — C. Bossu. — J. Varin. — M. Mithouard.

— Duval. — J/Camerel. — J. Chaufray. — Bouton. — Bertonne. — Charon, syndic. — Louis Bedier. — Charon, syndic (4 signatures convenables.)

Paraphé ne varietur, par nous avocat en parlement, commissaire de police au bailliage royal de Versailles,

président nommé pour l'assemblée de la paroisse de Guyancourt, par la décision de M. le Bailli, le H avril présent mois.

En la salle d'école de ce lieu.

Lefèvre, président.

Michel Ivoré a écrit le cahier.

Les députés pour porter le cahier furent Saintbelie, père, maître en chirurgie, et Pierre Bainville, voiturier.

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